L'Illusion de l'Économie de Guerre : Pourquoi le complexe militaro-industriel français peine à changer de paradigme
Le constat de l'Élysée : Une cadence insuffisante
Le 29 janvier 2026, le ton présidentiel est au vitriol. Emmanuel Macron, lors de ses vœux aux industriels, a dénoncé une "culture du temps long" incompatible avec la réalité du champ de bataille moderne. Si la France excelle dans la conception de systèmes sophistiqués (Rafale, missiles Aster), elle peine à basculer vers la production de masse. En 2026, la question n'est plus seulement de savoir si nos armes sont les meilleures, mais si nous pouvons les produire en quantité suffisante.

Les goulots d'étranglement de la BITD
La Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) française souffre de maux structurels. Le premier est l'accès aux composants électroniques et aux métaux critiques. Malgré les efforts de relocalisation, la dépendance envers certains fournisseurs asiatiques reste un talon d'Achille. Le second défi est humain : la pénurie de soudeurs haute performance, d'ingénieurs en cybersécurité et de techniciens spécialisés ralentit les lignes de production de Nexter et de Naval Group.
Vers une interventionnisme d'État accru ?
Pour briser ces verrous, l'exécutif envisage d'activer les dispositions les plus fermes du Code de la défense : la priorité donnée aux commandes militaires sur les contrats civils. Cette mesure, radicale, pourrait transformer le paysage industriel français. Elle impose aux sous-traitants de réorganiser leurs chaînes logistiques sous peine de sanctions. Cet article explore les mécanismes de cette transformation forcée et interroge la viabilité à long terme d'un modèle économique qui sacrifie la rentabilité immédiate sur l'autel de la survie stratégique.
