Bras de fer UE-Chine : Le compromis des "Prix Planchers" suffira-t-il à sauver l'industrie européenne ?
Un tournant pragmatique à Bruxelles
En ce milieu de février 2026, la tension commerciale entre l'Union européenne et la République populaire de Chine semble entrer dans une phase de "désescalade armée". Après des mois de menaces de surtaxes douanières pouvant atteindre 36 %, la Commission européenne vient de publier un document d'orientation crucial : le passage des droits de douane punitifs à un système de prix minimums d'importation.
Pour Omondo.info, ce changement de stratégie révèle l'extrême difficulté de l'Europe à se protéger sans se couper des chaînes de valeur dont elle dépend pour sa propre transition écologique.
Le mécanisme du "Prix Plancher" : Une double lame
Le compromis proposé par la Direction générale du commerce (DG Trade) permet aux exportateurs chinois de voitures électriques (BEV) d'échapper aux surtaxes s'ils s'engagent à ne pas vendre leurs modèles en dessous d'un certain seuil.
- Objectif pour l'UE : Éliminer l'effet des subventions massives de l'État chinois qui cassent les prix du marché européen.
- Condition sine qua non : Pékin doit en échange garantir des investissements productifs sur le sol européen (usines de batteries en Hongrie, en France ou en Pologne) pour favoriser l'emploi local.

Cependant, cette mesure fait grincer des dents. Plusieurs experts dénoncent une "erreur stratégique" qui ouvrirait la porte à une manipulation des prix et ne résoudrait pas le manque de compétitivité intrinsèque des constructeurs historiques face au rouleau compresseur de groupes comme BYD ou Xiaomi Auto.
La réponse de Pékin : "L'engagement prudent"
Du côté de Pékin, le ton a changé. Le ministère du Commerce chinois (MOFCOM) salue une approche "plus conforme aux règles de l'OMC", tout en maintenant une pression constante sur les terres rares. En effet, parallèlement aux négociations sur l'automobile, la Chine a durci ses quotas d'exportation de métaux critiques, rappelant à l'Europe sa vulnérabilité stratégique.
"Nous ne voulons pas d'une guerre commerciale, mais nous ne serons pas le bouc émissaire des échecs industriels de l'Occident", a déclaré un porte-parole à Pékin.
Le choc des modèles : "EU Inc" face à la puissance d'État
Face à ce défi, l'Europe tente de se réformer. Lors du sommet sur la compétitivité tenu ce jeudi 12 février 2026, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français ont affiché une unité de façade autour du projet "EU Inc". Ce nouveau statut juridique vise à simplifier la vie des entreprises européennes pour leur permettre de rivaliser avec les géants subventionnés.
