Villeurbanne mise sur les chauves-souris pour protéger les écoles des moustiques
Introduction
Dans un contexte de multiplication des moustiques en France, la ville de Villeurbanne, voisine de Lyon, innove. La municipalité a décidé d’installer des gîtes à chauves-souris dans plusieurs écoles primaires afin de lutter naturellement contre la prolifération des moustiques. Derrière cette décision inédite se cache une double ambition : protéger la santé des enfants face aux risques liés aux piqûres et promouvoir une approche écologique respectueuse de la biodiversité.
Pourquoi s’attaquer aux moustiques ?
Un problème sanitaire croissant
Avec le réchauffement climatique, la présence du moustique-tigre s’est considérablement accrue en Auvergne-Rhône-Alpes. Cet insecte, vecteur potentiel de maladies comme la dengue ou le chikungunya, inquiète particulièrement les autorités sanitaires. Villeurbanne n’est pas épargnée par cette prolifération, qui menace aussi bien la tranquillité des habitants que la santé publique.
Impact à l’école
Les établissements scolaires sont directement concernés. Dès le printemps, enfants et enseignants se plaignent de piqûres récurrentes. Pour des parents déjà inquiets des allergies et pathologies infantiles, la peur d’une transmission de maladies émergentes s’ajoute désormais au quotidien.
Des chauves-souris comme solution naturelle
Un prédateur efficace
La chauve-souris, souvent mal-aimée, est en réalité une alliée précieuse. Une seule chauve-souris est capable de capturer plusieurs centaines, voire milliers, de moustiques par nuit. Installer des gîtes à proximité immédiate des écoles revient donc à créer un contrôle biologique efficace, réduisant le recours aux pesticides et autres solutions chimiques controversées.
Vers une écologie urbaine proactive
Le projet s’inscrit dans une politique plus large de la ville, qui souhaite promouvoir la biodiversité urbaine. Outre les gîtes à chauves-souris, d’autres initiatives sont envisagées : hôtels à insectes, verdissement des cours d’école, sensibilisation des enfants à la faune locale.

Réactions contrastées
L’enthousiasme des écologistes
Pour les associations environnementales, cette initiative est exemplaire. Elle prouve qu’une municipalité peut s’appuyer sur la nature pour résoudre des problèmes de santé publique tout en préservant l’environnement. Les écologistes espèrent même l’extension du dispositif dans d’autres quartiers, parcs et espaces publics.
Les inquiétudes des parents
Certains parents restent toutefois sceptiques, évoquant la peur ancestrale des chauves-souris, souvent associées aux maladies (comme la rage ou plus récemment le Covid-19). La municipalité insiste : les espèces installées ne présentent aucun danger pour l’homme et n’entrent pas en contact avec les élèves. Des réunions d’information sont organisées pour rassurer familles et enseignants.
Un modèle pour d’autres villes ?
Avec cette expérimentation, Villeurbanne rejoint une tendance internationale. Dans plusieurs pays (Brésil, Espagne, Italie), les chauves-souris sont déjà mobilisées pour limiter la propagation des moustiques urbains. La démarche pourrait faire école en France, notamment dans les zones particulièrement exposées aux invasions estivales.
Conclusion
En choisissant de combattre les moustiques grâce aux chauves-souris, Villeurbanne assume une voie innovante qui réconcilie santé, environnement et pédagogie. L’avenir dira si cette solution « verte » devient une référence nationale. Mais ce projet incarne déjà la manière dont une politique locale peut répondre de manière originale à des enjeux globaux.
