Interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans : Le pari risqué de la France pour protéger sa jeunesse
L'Assemblée nationale vote une mesure historique
En ce 28 janvier 2026, le débat sur la protection des mineurs dans l'espace numérique franchit une étape décisive. L'Assemblée nationale a officiellement adopté la proposition de loi visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans, sauf accord parental explicite. Ce texte, porté par la volonté d'endiguer les ravages du cyberharcèlement et l'addiction aux algorithmes, positionne la France comme un leader de la régulation numérique mondiale, malgré les défis techniques immenses qu'il soulève.
Le contenu de la loi : Au-delà de la simple interdiction Le texte adopté ne se limite pas à une restriction d'âge. Il impose aux plateformes comme TikTok, Instagram ou Snapchat des obligations de vérification d'âge robustes, sous peine d'amendes pouvant atteindre 1% de leur chiffre d'affaires mondial. Parmi les mesures phares, on retrouve :
- L'extension de l'interdiction des téléphones portables aux lycées, généralisant une mesure déjà en vigueur dans les collèges.
- Le contrôle du temps passé en ligne : Les plateformes devront activer par défaut des notifications et des limites de temps pour les comptes de mineurs.
- La sensibilisation obligatoire : Un volet éducatif est intégré pour apprendre aux élèves dès le primaire les dangers de l'exposition précoce aux écrans.

Un défi de conformité européenne
Si la mesure est plébiscitée par de nombreuses associations de parents, elle se heurte à la réalité du droit européen. La Commission européenne surveille de près si ce texte ne contrevient pas au principe de libre prestation de services. De plus, la mise en œuvre technique — comment vérifier l'âge sans collecter massivement des données personnelles — reste le point d'achoppement. Le gouvernement vise une entrée en vigueur pour la rentrée de septembre 2026, laissant quelques mois aux géants de la Tech pour s'adapter.
