Vers une grève nationale le 10 septembre : la CGT et Solidaires appellent à «construire la mobilisation»
Introduction
Après un été politique tendu et des polémiques autour des finances publiques, la rentrée sociale s’annonce houleuse. Deux syndicats majeurs, la CGT et Solidaires, appellent à une grève nationale et à des actions de blocage le 10 septembre. Leur objectif : protester contre la politique budgétaire du gouvernement Bayrou, marquée par de nouvelles restrictions et par un projet de loi de finances jugé austéritaire. Les appels à rejoindre le mouvement se multiplient déjà, posant la perspective d’une rentrée agitée comparable aux grandes mobilisations sociales de 1995 ou de 2019.
Les motifs de la colère syndicale
Selon la CGT et Solidaires, les annonces budgétaires du gouvernement traduisent «une volonté d’imposer une cure d’austérité aux travailleurs alors que les grandes fortunes continuent d’être épargnées». Le retour possible d’un impôt sur la fortune allégé, mais aussi la hausse de la fiscalité indirecte, alimentent les tensions. Les syndicats dénoncent également la pression exercée sur les services publics, l’augmentation du temps de travail dans certains secteurs et la dégradation du pouvoir d’achat des ménages.
Une convergence des luttes en gestation
Au-delà de la CGT et de Solidaires, plusieurs fédérations sectorielles, notamment dans l’éducation, la santé et les transports, ont déjà indiqué leur intention de rejoindre le mouvement. FO reste prudente mais n’exclut pas de s’associer, tandis que la CFDT hésite à soutenir le mot d’ordre de blocage. L’appel vise surtout à «mettre un coup d’arrêt aux réformes budgétaires» que Bayrou entend présenter au Parlement en septembre.

Le spectre d’un automne social explosif
Les manifestations prévues le 10 septembre pourraient constituer un premier test de force. Pour mémoire, la réforme des retraites de 2023 avait entraîné une mobilisation record de plus de 3 millions de manifestants dans la rue. Si la colère contre les restrictions budgétaires prend la même ampleur, l’exécutif risque de se retrouver dans une situation de blocage similaire. Le ministère de l’Intérieur affirme déjà préparer des dispositifs de sécurité renforcés, s’attendant à des actions de blocage d’ampleur nationale.
Les réactions politiques et gouvernementales
François Bayrou a choisi la fermeté : «Nous ne céderons pas au chantage de la rue, car la responsabilité budgétaire est une obligation nationale.» Cette déclaration n’a fait qu’attiser la colère syndicale. Du côté de l’opposition, la gauche apporte un soutien «plein et entier» aux syndicats, tandis que le RN parle d’«un gouvernement qui provoque sa propre contestation». Plusieurs élus de la majorité craignent une radicalisation de la rue si le blocage du 10 septembre dégénère.
Conclusion
L’appel à la mobilisation du 10 septembre pourrait marquer le véritable coup d’envoi d’un automne social tendu pour le gouvernement Bayrou. Entre rigueur budgétaire, colère syndicale et contestation politique, tous les éléments semblent réunis pour une confrontation sociale majeure. Le succès de cette journée de grève sera déterminant pour évaluer la capacité des syndicats à rassembler et pour mesurer la résistance du gouvernement face à la rue.
