Pékin accueille un sommet stratégique Chine-Russie-Corée du Nord, redéfinition des alliances autour du défilé militaire du 80e anniversaire de la capitulation du Japon
Du 2 au 3 septembre 2025, Pékin a été le théâtre d’un sommet stratégique réunissant les dirigeants de la Chine, Russie et Corée du Nord. Ce rendez-vous intervient à l’occasion du 80e anniversaire de la capitulation du Japon lors de la Seconde Guerre mondiale, commémoré par un défilé militaire d’ampleur inédite. La rencontre symbolise la volonté de ces trois puissances d'afficher une coalition forte face aux tensions géopolitiques croissantes dans la région Asie-Pacifique.
Le président chinois Xi Jinping, le président russe Vladimir Poutine, et le leader nord-coréen Kim Jong-un, ont profité de cette occasion pour renforcer leurs liens bilatéraux et pour discuter d’une stratégie commune face aux influences occidentales, notamment américaines, qu’ils jugent menaçantes. La montée en puissance de la Chine et son ambition d’étendre son influence à Taïwan, le soutien russe à certaines forces en Ukraine, ainsi que la volonté nord-coréenne d’affirmer son autonomie militaire sont au cœur de cet accord tacite.
Le défilé militaire, retransmis en direct dans toute la Chine, a mobilisé des milliers de soldats, des matériels dernier cri, drones et missiles balistiques, témoignant de la capacité croissante de coopération en matière de défense entre ces trois puissances. Cette démonstration militaire vise autant à célébrer la fin d’un conflit mondial qu’à envoyer un message politique fort aux États-Unis et à leurs alliés dans la région, Japon en tête.

Les analystes internationaux considèrent cet événement comme une étape majeure dans l’agenda de la diplomatie asiatique, particulièrement sensible dans un contexte où la tension à propos de Taïwan s’est récemment accrue après de multiples manoeuvres américaines et chinoises. La présence conjointe de Moscou et Pyongyang à Pékin confirme un alignement stratégique qui pourrait influencer les équilibres régionaux et mondiaux dans les prochaines années.
Des experts évoquent la formation d’un « axe X » regroupant ces puissances pour faire contrepoids à l’OTAN et renforcer leur dialogue militaro-politique. Cette coopérative est aussi perçue comme une volonté d’intégrer une dimension idéologique anti-occidentale, avec un discours se revendiquant du nationalisme et de la souveraineté.
En parallèle, les pays voisins observent avec inquiétude cette alliance renforcée. Le Japon, particulièrement sensible à la mémoire historique, a condamné le défilé militarisé qu’il perçoit comme une provocation, notamment au regard des tensions historiques sur les territoires disputés. L’ASEAN, les États-Unis, mais aussi l’Union européenne appellent à la désescalade et à un dialogue constructif pour éviter toute escalade.
Ce sommet stratégique marque une nouvelle étape du postulat multipolaire dans la gouvernance mondiale, où la stabilité passe par la capacité des pays à négocier des alliances pragmatiques et parfois hostiles à la domination occidentale. L’avenir proche semble placé sous le signe d’une compétition exacerbée mêlant puissance militaire, diplomatie économique et influence politique.
