Walmart alerte sur la hausse des prix, droits de douane et pouvoir d’achat sous pression
Le PDG de Walmart, Doug McMillon, a lancé un avertissement qui fait l’effet d’un coup de tonnerre sur les marchés mondiaux : l’augmentation des droits de douane, notamment entre les États-Unis et la Chine, va entraîner une hausse généralisée des prix à la consommation. Pour la première fois depuis la pandémie, le leader mondial de la grande distribution anticipe une spirale inflationniste qui pourrait toucher tous les ménages, bien au-delà des frontières américaines. Depuis le début de l’année, les tensions commerciales entre Washington et Pékin se sont intensifiées. Les États-Unis ont relevé les droits de douane sur de nombreux produits chinois, en réponse à ce qu’ils qualifient de pratiques commerciales déloyales. La Chine a riposté par des mesures similaires sur les produits agricoles, électroniques et automobiles américains. Pour Walmart, qui importe une part significative de ses marchandises depuis l’Asie, l’impact est immédiat : même à des niveaux réduits, les droits de douane plus élevés entraîneront des prix plus élevés, a déclaré Doug McMillon. Cette hausse se répercute sur toute la chaîne logistique, du producteur au consommateur final. La hausse des prix ne concerne pas seulement les États-Unis. En tant que premier distributeur mondial, Walmart influence les tarifs de nombreux produits de base dans le monde entier. Les ménages français, allemands, britanniques ou brésiliens pourraient voir le coût de l’alimentation, de l’électroménager ou des vêtements augmenter dans les prochains mois. Cette situation intervient alors que l’inflation, dopée par la crise énergétique et les perturbations des chaînes d’approvisionnement, reste élevée dans la plupart des économies avancées.

Selon l’OCDE, le taux d’inflation moyen dans les pays développés dépasse encore 5 % en 2025, bien au-dessus des objectifs des banques centrales. L’avertissement de Walmart a immédiatement fait réagir les marchés. Les indices boursiers américains et européens ont reculé, tandis que les valeurs de la grande distribution et de la logistique ont été particulièrement touchées. Les investisseurs redoutent un ralentissement de la consommation, moteur essentiel de la croissance mondiale. Les banques centrales, déjà confrontées à un dilemme entre lutte contre l’inflation et soutien à l’activité, pourraient être contraintes de relever à nouveau leurs taux directeurs. Une telle décision risquerait d’alourdir le coût du crédit pour les ménages et les entreprises, accentuant la pression sur l’économie réelle. Face à cette situation, les gouvernements sont partagés. Certains, comme l’administration américaine, défendent le recours aux droits de douane comme un levier de négociation face à la Chine. D’autres, notamment en Europe, plaident pour une désescalade et une relance du dialogue multilatéral.
L’Union européenne, qui dépend fortement des importations de biens manufacturés, s’inquiète d’un effet domino sur ses propres marchés. Des discussions sont en cours à Bruxelles pour adapter la politique commerciale et protéger les consommateurs les plus vulnérables. À moyen terme, la hausse des prix pourrait freiner la reprise économique amorcée après la pandémie. Selon le FMI, une augmentation de 10 % des droits de douane mondiaux pourrait coûter jusqu’à 1,5 point de croissance au PIB mondial en 2025. Les pays émergents, déjà fragilisés par la dette et la volatilité des devises, seraient les plus exposés. Pour Walmart, la solution passe par une diversification accrue des sources d’approvisionnement et une optimisation de la chaîne logistique. Mais ces ajustements prendront du temps, et les consommateurs devront s’adapter à un nouveau paradigme : celui d’une inflation durable.
L’avertissement de Walmart sonne comme un signal d’alarme pour les décideurs politiques et économiques. Face à la montée des tensions commerciales et à la persistance de l’inflation, l’heure est à la vigilance et à l’adaptation. Les prochains mois seront décisifs pour l’équilibre de l’économie mondiale.
