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la ZLECAf, levier ou mirage de l’intégration économique africaine ?

la ZLECAf, levier ou mirage de l’intégration économique africaine ?

Introduction
Depuis son lancement officiel en 2021, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est présentée comme une révolution économique pour l’Afrique. Elle ambitionne de créer un marché unique de plus d’un milliard d’habitants, favorisant la circulation des biens, des services et des capitaux à l’échelle continentale. Pourtant, quatre ans plus tard, la ZLECAf fait face à des défis majeurs qui interrogent son efficacité réelle. Cet article analyse les avancées, les obstacles et les perspectives de cette initiative phare pour le développement africain.
Une ambition historique pour l’intégration
L’Afrique reste le continent où les échanges intra-régionaux sont les plus faibles au monde, avec moins de 17% des échanges commerciaux réalisés entre pays africains. La ZLECAf vise à inverser cette tendance en supprimant progressivement les barrières tarifaires et non tarifaires, en harmonisant les normes et en facilitant les investissements.
La création d’un marché unique doit stimuler la croissance économique, encourager l’industrialisation et renforcer la compétitivité des entreprises africaines sur la scène mondiale.
Des résultats encourageants mais inégaux
Plusieurs pays ont déjà réduit leurs droits de douane sur une large gamme de produits, et des corridors commerciaux commencent à se développer, notamment entre Lagos et Abidjan ou Nairobi et Addis-Abeba. La digitalisation des procédures douanières contribue également à fluidifier les échanges.
Cependant, la mise en œuvre reste inégale. Certains États tardent à ratifier les accords, d’autres maintiennent des barrières non tarifaires. Les infrastructures insuffisantes, la diversité des réglementations et les disparités économiques freinent la pleine réalisation du projet.

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Les défis à relever
Infrastructures : routes, ports, énergies et télécommunications doivent être modernisés pour accompagner la croissance des échanges.
Harmonisation réglementaire : la diversité des normes sanitaires, fiscales et douanières complique la circulation des marchandises.
Inclusion des PME : les petites entreprises peinent à s’adapter à la concurrence accrue et manquent souvent de ressources.
Gouvernance : la coordination entre États et la lutte contre la corruption sont essentielles pour garantir la transparence.
Perspectives d’avenir
Selon la Banque africaine de développement, la ZLECAf pourrait accroître les échanges intra-africains de 52% d’ici 2030 et générer un gain économique de 76 milliards de dollars. Pour cela, elle doit s’appuyer sur une coopération renforcée, des investissements ciblés et une volonté politique partagée.
Conclusion
La ZLECAf est un projet ambitieux qui peut transformer l’économie africaine, mais son succès dépendra de la capacité des États à surmonter les obstacles structurels et à assurer une mise en œuvre inclusive et durable.

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