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La dette américaine inquiète Wall Street, le spectre d’une crise mondiale

La dette américaine inquiète Wall Street, le spectre d’une crise mondiale

La question de la dette américaine revient sur le devant de la scène internationale en ce mois de juin 2025. Alors que la dette fédérale des États-Unis a franchi le seuil historique de 36 000 milliards de dollars, les marchés financiers s’inquiètent de plus en plus de la soutenabilité de la première économie mondiale. Les taux d’intérêt sur les bons du Trésor atteignent des niveaux inédits depuis la crise de 2008, la Réserve fédérale est sous pression, et les agences de notation menacent de dégrader la note souveraine américaine. Le patron de JPMorgan, Jamie Dimon, a récemment averti que « le jour où les investisseurs prendront conscience de l’impact de l’augmentation des niveaux d’endettement, les taux d’intérêt monteront en flèche et les marchés seront perturbés ». Analyse d’une situation explosive, qui pourrait avoir des répercussions bien au-delà des frontières américaines.

Une dette qui explose

La dette publique américaine n’a cessé de croître ces dernières années, sous l’effet de la pandémie de Covid-19, des plans de relance successifs, de la hausse des dépenses sociales et militaires, et de la baisse des recettes fiscales. En 2025, elle représente près de 130 % du PIB, un niveau jamais atteint en temps de paix. Selon le Congressional Budget Office, le service de la dette (les intérêts à payer) devrait dépasser 1 000 milliards de dollars cette année, soit plus que le budget de la défense.

Cette trajectoire inquiète les économistes : « Les États-Unis dépensent plus qu’ils ne gagnent, et la dynamique n’est pas soutenable à long terme », estime Nouriel Roubini, professeur à l’Université de New York. « À un moment donné, les marchés vont demander des comptes ».

Les marchés financiers sur le qui-vive

Depuis le début de l’année, les taux d’intérêt à 10 ans sur les bons du Trésor américain ont franchi la barre des 5 %, un niveau qui renchérit le coût de l’emprunt pour l’État, les entreprises et les ménages. Les investisseurs étrangers, qui détiennent près de 30 % de la dette américaine (Chine, Japon, pays du Golfe), commencent à réduire leurs positions, inquiets de la dépréciation du dollar et de la volatilité des marchés.

La Bourse de New York a connu plusieurs séances de forte baisse, les valeurs technologiques et bancaires étant particulièrement exposées. Les marchés émergents, dépendants du dollar pour leur financement, subissent aussi les contrecoups de la hausse des taux américains.

La Réserve fédérale sous pression

La Fed se retrouve dans une position délicate : d’un côté, elle doit lutter contre une inflation persistante (autour de 4 % en rythme annuel), de l’autre, elle ne peut pas laisser les taux monter trop haut sans risquer de provoquer une récession ou une crise financière. Plusieurs membres du FOMC (Federal Open Market Committee) plaident pour une pause dans la hausse des taux, tandis que d’autres estiment qu’il faut continuer à resserrer la politique monétaire pour éviter une spirale inflationniste.

La Maison Blanche, de son côté, appelle à la responsabilité budgétaire, mais peine à faire adopter des mesures de réduction des dépenses ou d’augmentation des impôts, dans un contexte politique ultra-polarisé à l’approche de la présidentielle de 2026.

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Les agences de notation en embuscade

Les agences de notation (Moody’s, S&P, Fitch) menacent de dégrader la note souveraine des États-Unis si aucun plan crédible de réduction du déficit n’est adopté. Une telle décision aurait des conséquences majeures : hausse des taux, fuite des capitaux, perte de confiance dans le dollar comme monnaie de réserve mondiale.

La dernière dégradation, en 2011, avait déjà provoqué une onde de choc sur les marchés. Cette fois, le contexte est encore plus tendu, avec une dette plus élevée, une croissance plus faible et des marges de manœuvre budgétaires réduites.

Les risques pour l’économie mondiale

Une crise de la dette américaine aurait des répercussions planétaires : hausse du coût du crédit, chute des marchés boursiers, déstabilisation des monnaies émergentes, ralentissement du commerce mondial. Les banques centrales d’Europe, d’Asie et d’Afrique surveillent de près la situation, prêtes à intervenir en cas de panique.

Le FMI et la Banque mondiale appellent à la coopération internationale et à la stabilité financière, mais reconnaissent que la marge de manœuvre est limitée face à l’ampleur de la dette américaine.

Les solutions possibles

Pour éviter le pire, les experts préconisent une combinaison de mesures : maîtrise des dépenses publiques, réforme des retraites et de la santé, hausse ciblée des impôts, stimulation de la croissance par l’innovation et l’investissement. Mais le consensus politique fait défaut, et chaque camp accuse l’autre d’irresponsabilité.

Certains économistes, comme Paul Krugman, estiment que la dette américaine reste soutenable tant que la croissance et la confiance dans le dollar sont au rendez-vous. D’autres, plus pessimistes, redoutent un scénario à la grecque, où les marchés finiraient par imposer une cure d’austérité brutale.

Conclusion

La dette américaine est le talon d’Achille de la première puissance mondiale. Si une crise éclate, ses répercussions seront mondiales. Plus que jamais, la responsabilité des dirigeants américains et la confiance des marchés seront déterminantes pour éviter le pire.

 

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