L’OCDE revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour le Royaume-Uni et l’Europe
Introduction
Dans son dernier rapport publié début juin 2025, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a revu à la baisse ses prévisions de croissance économique pour le Royaume-Uni et plusieurs pays européens. Cette révision intervient dans un contexte marqué par des incertitudes géopolitiques, des tensions inflationnistes persistantes, et des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Ce recul des anticipations économiques soulève des questions cruciales sur la résilience des économies européennes, les politiques à adopter pour relancer la croissance et les risques à moyen terme. Cet article propose une analyse détaillée des facteurs à l’origine de ce ralentissement, de ses conséquences et des stratégies envisagées pour y faire face.
Un ralentissement marqué pour le Royaume-Uni et l’Europe
Selon les projections de l’OCDE, la croissance du PIB britannique devrait atteindre seulement 0,8 % en 2025, contre 1,5 % prévu précédemment. Pour la zone euro, la croissance est attendue à 1,1 %, en baisse par rapport à 1,8 % en 2024. Plusieurs grandes économies, dont l’Allemagne, la France et l’Italie, voient leurs perspectives revues à la baisse.
Cette révision traduit la conjonction de plusieurs facteurs défavorables, qui pèsent sur la demande intérieure, l’investissement et le commerce international.
Les causes du ralentissement
- L’inflation persistante et son impact sur le pouvoir d’achat
L’inflation, bien qu’en légère baisse par rapport à 2024, reste élevée dans plusieurs pays européens, notamment en France, en Espagne et en Italie. La hausse des prix de l’énergie, des produits alimentaires et des services pèse sur le pouvoir d’achat des ménages, freinant la consommation, moteur principal de la croissance.
Les banques centrales, en particulier la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre, maintiennent des politiques monétaires restrictives pour contenir l’inflation, ce qui alourdit le coût du crédit et freine l’investissement.
- Les tensions géopolitiques et leurs répercussions
Le conflit en Ukraine, les sanctions économiques contre la Russie et les tensions commerciales entre les grandes puissances perturbent les échanges commerciaux et les flux d’investissement. Les incertitudes liées à la guerre et aux sanctions freinent la confiance des entreprises et des consommateurs.
De plus, les risques d’escalade militaire et les crises diplomatiques dans d’autres régions (Moyen-Orient, Asie) contribuent à un climat d’instabilité.
- Les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement
La pandémie de Covid-19 avait déjà mis en lumière la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales. En 2025, ces perturbations persistent, avec des pénuries de matières premières, des retards logistiques et des hausses de coûts. Ces facteurs affectent particulièrement les secteurs industriels européens, notamment l’automobile, l’électronique et la chimie.
Conséquences économiques et sociales
Le ralentissement de la croissance a des effets directs sur l’emploi, les revenus et la cohésion sociale. Le taux de chômage, bien qu’en baisse dans certains pays, pourrait stagner ou augmenter dans d’autres, notamment parmi les jeunes et les travailleurs peu qualifiés.
Les inégalités risquent de se creuser, avec un impact plus sévère sur les populations vulnérables. Les tensions sociales, déjà présentes dans certains pays, pourraient s’intensifier, comme en témoignent les mouvements sociaux récents en France et en Italie.
Les réponses politiques envisagées
Face à ce contexte, les gouvernements européens envisagent plusieurs mesures pour soutenir la croissance :
Relance de l’investissement public dans les infrastructures, la transition énergétique et la recherche.
Soutien ciblé aux ménages modestes pour préserver le pouvoir d’achat.
Réformes structurelles pour améliorer la compétitivité, la formation professionnelle et l’innovation.
Renforcement de la coopération européenne pour stabiliser les marchés et coordonner les politiques économiques.

La BCE, tout en restant vigilante sur l’inflation, pourrait adopter une politique monétaire plus accommodante si la croissance se dégrade davantage.
Perspectives à moyen terme
Le rapport de l’OCDE souligne que la croissance européenne reste fragile et dépendante de l’évolution des facteurs externes, notamment la résolution du conflit ukrainien et la stabilisation des marchés énergétiques. La transition écologique, si elle est bien gérée, peut devenir un moteur de croissance et d’innovation.
La diversification des partenaires commerciaux, le développement du numérique et la montée en compétences des travailleurs sont également des leviers essentiels pour renforcer la résilience économique.
Conclusion
La révision à la baisse des prévisions de croissance pour le Royaume-Uni et l’Europe par l’OCDE alerte sur les défis économiques majeurs auxquels le continent est confronté. Entre inflation persistante, tensions géopolitiques et fragilités structurelles, les économies européennes doivent conjuguer prudence et ambition pour relancer la croissance et préserver la cohésion sociale. La capacité des décideurs à anticiper et à agir rapidement sera déterminante pour l’avenir.
