Croissance mondiale 2025 : vers une stagnation durable ou un rebond inattendu ?
L’année 2025 s’annonce comme un tournant pour l’économie mondiale, marquée par une croissance modérée, des divergences régionales croissantes et des incertitudes persistantes. Après les soubresauts de la pandémie et les chocs géopolitiques, le monde économique entre dans une phase de transition, où la question d’un retour à la croissance dynamique ou d’une stagnation durable se pose avec acuité.
Une croissance mondiale modérée et inférieure à la moyenne historique
Selon les dernières projections du FMI, la croissance mondiale devrait s’établir à 3,3 % en 2025, un niveau inférieur à la moyenne des deux décennies précédentes (3,7 %). Ce ralentissement est le reflet d’une conjoncture marquée par la fin de l’ère des taux bas, la persistance de l’inflation (attendue à 4,2 % en 2025), et l’essoufflement de la demande dans les grandes économies avancées. Les États-Unis voient leur croissance ralentir à 1,9 %, tandis que l’Europe, après une année 2024 difficile (0,9 %), amorce une reprise timide à 1,3 %.
Des trajectoires divergentes entre les grands blocs économiques
L’Asie de l’Est, tirée par la Chine (prévision de croissance à 4,8 %), demeure le principal moteur de l’économie mondiale, mais la dynamique s’essouffle par rapport à la décennie précédente. L’Afrique, l’Asie du Sud et l’Amérique latine affichent des perspectives plus robustes (croissance supérieure à 3,5 %), portées par la démographie et la demande intérieure. À l’inverse, l’Europe reste confrontée à des défis structurels : vieillissement de la population, faible productivité, consolidation budgétaire et tensions géopolitiques.
Les risques : inflation, dette, incertitude géopolitique
La désinflation engagée en 2024 se poursuit, mais le risque d’un rebond des prix n’est pas écarté, notamment dans les économies émergentes où la convergence vers les cibles d’inflation reste lente11. Parallèlement, la soutenabilité de la dette publique inquiète, en particulier dans les pays en développement, où le service de la dette absorbe une part croissante des ressources budgétaires. Les tensions géopolitiques (guerre en Ukraine, rivalité USA/Chine, instabilité au Moyen-Orient) pèsent sur la confiance des investisseurs et la fluidité des échanges.

Les moteurs potentiels d’un rebond
Malgré ce contexte morose, des facteurs de résilience existent : la baisse de l’inflation dans les pays avancés pourrait relancer la consommation, les investissements dans la transition énergétique et la digitalisation offrent des relais de croissance, et la coopération multilatérale reste un levier pour stabiliser l’économie mondiale. Les réformes structurelles, la montée en puissance des économies émergentes et l’innovation technologique pourraient, à moyen terme, redynamiser la croissance.
Pauvreté, ODD et fractures sociales
L’un des enjeux majeurs demeure la lutte contre la pauvreté et la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD). Les progrès restent insuffisants, et les indicateurs d’extrême pauvreté repartent à la hausse, revenant à des niveaux d’avant la pandémie9. La croissance modérée ne profite pas à tous, et les inégalités entre pays et au sein des sociétés se creusent.
Conclusion : 2025, année charnière
L’économie mondiale aborde 2025 avec prudence : la stagnation n’est pas une fatalité, mais le rebond dépendra de la capacité des États à piloter la transition, à investir dans l’avenir et à renforcer la solidarité internationale. La croissance restera modérée, mais les opportunités existent pour bâtir un modèle plus inclusif et durable.
