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Bruxelles veut taxer les petits colis venus de Chine – Un tournant dans la régulation du e-commerce

Bruxelles veut taxer les petits colis venus de Chine – Un tournant dans la régulation du e-commerce

Une riposte européenne face à l’invasion des plateformes chinoises

La Commission européenne a dévoilé un projet de taxe de 2 euros sur chaque petit colis importé dans l’Union européenne, visant principalement les géants chinois du e-commerce comme Shein et Temu. Cette mesure, annoncée le 21 mai, vise à rééquilibrer la concurrence entre les plateformes étrangères et les commerçants européens, alors que le marché est inondé de produits à bas prix venus d’Asie.

Les raisons d’une mesure attendue

Depuis plusieurs années, les plateformes chinoises connaissent un succès fulgurant en Europe, grâce à des prix imbattables, une logistique ultra-rapide et une offre pléthorique. Mais ce modèle repose sur des coûts de production très bas, souvent au détriment des normes sociales et environnementales, et sur l’absence de taxation à l’importation pour les colis de faible valeur.

Les commerçants européens dénoncent une concurrence déloyale, qui met en péril des milliers d’emplois et fragilise le tissu économique local. La taxe de 2 euros par colis, qui s’appliquerait à tous les envois de moins de 150 euros, doit permettre de rétablir une certaine équité et de financer la transition écologique du secteur du transport et de la logistique.

Les impacts attendus

Selon la Commission, cette mesure pourrait rapporter près de 3 milliards d’euros par an et inciter les consommateurs à privilégier les achats locaux ou européens. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre la surconsommation, la pollution liée aux transports et la prolifération de produits de mauvaise qualité.

Shein, Temu, Aliexpress… Le gouvernement veut taxer les petits colis venus  de Chine

 

Pour les plateformes chinoises, l’impact pourrait être significatif : une partie de leur clientèle, très sensible au prix, pourrait se détourner de leurs offres. Les experts estiment toutefois que les géants du e-commerce disposent de marges de manœuvre importantes pour absorber une partie de la taxe ou adapter leur modèle logistique.

Les réactions des acteurs du secteur

Les commerçants européens saluent une mesure « de bon sens », longtemps attendue, tandis que les plateformes concernées dénoncent un risque de fragmentation du marché unique et de hausse des prix pour les consommateurs. Certains craignent également un effet boomerang, avec la mise en place de mesures de rétorsion de la part de la Chine.

Les associations de consommateurs restent prudentes : si elles comprennent la nécessité de réguler le marché, elles redoutent une augmentation des prix pour les ménages modestes et appellent à des mesures d’accompagnement pour les plus fragiles.

Un enjeu de souveraineté numérique et industrielle

Au-delà de la question fiscale, la taxe sur les petits colis s’inscrit dans une réflexion plus large sur la souveraineté numérique et industrielle de l’Europe. Il s’agit de soutenir l’innovation locale, de renforcer la traçabilité des produits et de lutter contre les pratiques commerciales agressives des géants du web.

La mesure doit encore être discutée par le Parlement européen et les États membres, mais elle marque un tournant dans la régulation du commerce en ligne et la défense des intérêts européens face à la mondialisation.

 

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