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Baisse du prix du gaz et nouvelles mesures sociales : ce qui change pour le pouvoir d'achat en mai 2025

Baisse du prix du gaz et nouvelles mesures sociales : ce qui change pour le pouvoir d'achat en mai 2025

Le 1er mai 2025 marque un tournant dans la politique économique et sociale du gouvernement français. Face à l'inflation persistante et aux tensions sociales croissantes, l'exécutif a dévoilé un ensemble de mesures visant à soutenir le pouvoir d'achat des ménages. Au cœur de ce dispositif : une baisse significative du prix du gaz et une revalorisation de plusieurs prestations sociales. Ces annonces interviennent dans un contexte économique incertain, marqué par un recul surprise du PIB américain et des inquiétudes sur la croissance mondiale.

Une baisse du prix du gaz attendue et significative

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a confirmé une baisse de 6,4% du prix du gaz à compter du 1er mai 2025. Cette diminution, qui concerne les tarifs réglementés, représente une économie moyenne de 80 à 120 euros par an pour un foyer type. "Cette baisse reflète l'évolution favorable des marchés internationaux et la diversification de nos sources d'approvisionnement", explique le ministre de la Transition énergétique.

Pour les 11 millions de foyers français qui se chauffent au gaz, cette nouvelle est accueillie avec soulagement après plusieurs années de hausse continue. "C'est un premier pas, mais il faudra aller plus loin pour protéger durablement les consommateurs des fluctuations du marché", estime François Carlier, délégué général de l'association CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie).

Cette baisse s'inscrit dans un contexte énergétique en pleine mutation. EDF, acteur majeur du secteur, s'apprête à changer de direction. Luc Rémont, président sortant, a adressé une lettre d'adieu à ses salariés, tandis que Bernard Fontana, son successeur pressenti, a été auditionné par le Parlement. Ce dernier a promis "un devis et un calendrier d'engagement pour les six réacteurs EPR 2 d'ici la fin de l'année", confirmant la priorité donnée au nucléaire dans le mix énergétique français.

Revalorisation des prestations sociales : un coup de pouce pour les plus vulnérables

Parallèlement à la baisse du prix du gaz, plusieurs prestations sociales sont revalorisées à compter du 1er mai. Le Revenu de Solidarité Active (RSA) augmente de 4,6%, passant à 635,71 euros par mois pour une personne seule. L'Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) connaît une hausse similaire, tout comme la prime d'activité et les allocations familiales.

Ces revalorisations, supérieures à l'inflation constatée (3,2% sur un an), visent à préserver le pouvoir d'achat des ménages les plus modestes. "C'est une mesure de justice sociale dans un contexte économique difficile", affirme la ministre des Solidarités. Les associations de lutte contre la pauvreté saluent ces avancées tout en soulignant leur insuffisance face à l'ampleur des besoins.

Le coût de ces mesures pour les finances publiques est estimé à près de 3 milliards d'euros sur l'année. Un effort significatif qui intervient alors que le déficit public français fait l'objet d'inquiétudes. Charles de Courson, rapporteur général du budget, n'a pas caché son indignation face au "dérapage du déficit public" lors d'une récente commission d'enquête. "Mais à quoi servent les ministres ?", s'est-il interrogé, pointant du doigt le manque de contrôle des ministres de l'Économie et du Budget.

Un contexte économique incertain

Ces mesures de soutien au pouvoir d'achat interviennent dans un environnement économique fragile. La consommation des ménages français a connu un net recul en mars, selon les dernières données de l'INSEE. "C'est un moteur un peu grippé", analyse Xavier Timbeau, directeur de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), qui s'inquiète de cette tendance.

 

Aux États-Unis, le PIB s'est contracté de 0,3% au premier trimestre 2025 (en rythme annualisé), une surprise négative pour les marchés. Donald Trump, récemment revenu à la Maison-Blanche, a immédiatement rejeté la responsabilité sur son prédécesseur Joe Biden, affirmant que "ça n'a rien à voir avec les droits de douane" qu'il a réinstaurés.

Cette situation américaine pourrait avoir des répercussions sur l'économie européenne, déjà fragilisée par les tensions géopolitiques et la crise énergétique. Les économistes s'inquiètent d'un possible ralentissement global qui compliquerait encore la tâche des gouvernements pour soutenir le pouvoir d'achat.

Des mesures fiscales en suspens

D'autres décisions économiques importantes ont été annoncées ou confirmées ce 1er mai. L'abaissement du seuil d'exemption de TVA pour les auto-entrepreneurs, initialement prévu par le budget 2025 et suspendu depuis février, restera finalement gelé jusqu'au prochain budget. Une victoire pour les représentants des travailleurs indépendants qui dénonçaient une mesure pénalisante pour les petites activités.

Sur le front automobile, l'assouplissement des taxes annoncé par Donald Trump aux États-Unis (les taxes sur les véhicules importés ne seront pas cumulées avec celles appliquées aux pièces détachées) est jugé insuffisant par les constructeurs. Cette décision, qui visait à apaiser les tensions commerciales, ne change pas fondamentalement la donne pour l'industrie, selon les experts du secteur.

Les défis à venir pour le pouvoir d'achat

Si les mesures annoncées ce 1er mai apportent un soulagement immédiat à de nombreux ménages, elles ne règlent pas les problèmes structurels de l'économie française. La question du logement reste particulièrement préoccupante, avec des loyers en hausse continue dans les grandes villes et une crise de l'offre qui pénalise les plus modestes.

Le secteur de l'énergie, malgré la baisse du prix du gaz, continue de poser des défis majeurs. La transition énergétique nécessite des investissements colossaux, qui pourraient à terme peser sur la facture des consommateurs. La fin programmée de l'ADSL en France, au profit du très haut débit, soulève également des questions sur l'accessibilité des services essentiels pour tous les territoires.

Conclusion : un 1er mai sous le signe du pouvoir d'achat

Ce 1er mai 2025 marque donc une étape importante dans la politique économique et sociale du gouvernement. Les mesures annoncées répondent à une urgence sociale réelle, dans un contexte de mobilisation massive dans les rues. Mais leur efficacité à long terme dépendra de la capacité de l'exécutif à engager des réformes structurelles pour une croissance plus inclusive et durable.

Entre tensions sociales, contraintes budgétaires et incertitudes économiques mondiales, l'équation reste complexe. Le pouvoir d'achat, plus que jamais au cœur des préoccupations des Français, continuera d'être un enjeu politique majeur dans les mois à venir.

 

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