à Marseille, le départ inéluctable des Galeries Lafayette inquiète l’économie locale et relance le débat sur l’avenir du commerce de centre-ville
Introduction
C’est une page de l’histoire commerciale marseillaise qui se tourne. Malgré les appels à l’aide des élus et les tentatives des pouvoirs publics pour faire revenir le groupe sur sa décision, les Galeries Lafayette ont confirmé la fermeture définitive de leurs deux magasins emblématiques de Marseille à la fin de l’année 2025. Cette annonce, qui laisse craindre la création d’immenses friches commerciales en plein cœur de la ville, suscite une vive inquiétude parmi les commerçants, les salariés et les habitants. Retour sur les raisons de ce départ, ses conséquences économiques et sociales, et les pistes envisagées pour réinventer le commerce de centre-ville à Marseille.
Les Galeries Lafayette, un symbole du commerce marseillais
Installées depuis plus d’un siècle sur la Canebière et à la Valentine, les Galeries Lafayette faisaient partie du paysage urbain et de l’identité commerciale de Marseille. Véritable institution, le grand magasin a accompagné plusieurs générations de Marseillais, proposant une offre variée allant du prêt-à-porter de luxe aux produits de beauté, en passant par la décoration et la gastronomie.
La direction du groupe justifie la fermeture par la « baisse continue de la fréquentation », la concurrence du commerce en ligne, et l’augmentation des coûts d’exploitation. « Nous avons tout tenté, mais la rentabilité n’est plus au rendez-vous », explique un porte-parole, évoquant également l’impact de la crise sanitaire et des mouvements sociaux sur la fréquentation du centre-ville.
Un coup dur pour l’emploi et l’économie locale
La fermeture des Galeries Lafayette à Marseille concerne directement plus de 250 salariés, auxquels s’ajoutent les emplois indirects générés par les fournisseurs, les sous-traitants et les commerces voisins. Les syndicats dénoncent une « catastrophe sociale » et réclament des mesures d’accompagnement ambitieuses pour éviter des licenciements secs.
La municipalité, consciente de l’enjeu, a demandé au groupe de privilégier les reclassements internes et de soutenir les salariés dans leur reconversion. Un plan de revitalisation du centre-ville est à l’étude, mais les élus reconnaissent la difficulté de compenser la perte d’un tel acteur économique.
Le risque de friches commerciales en centre-ville
Au-delà de la question de l’emploi, la fermeture des Galeries Lafayette pose le problème de la vacance commerciale en centre-ville. Les deux bâtiments, d’une surface totale de plus de 20 000 m², risquent de rester inoccupés, aggravant le sentiment de déclin et d’abandon de certains quartiers.
Les commerçants voisins redoutent une baisse de la fréquentation et une diminution du chiffre d’affaires. « Les Galeries, c’était un moteur pour toute la rue », confie un libraire de la Canebière. « Sans elles, c’est tout l’écosystème du centre-ville qui est fragilisé. »
Les causes profondes du départ
La situation des Galeries Lafayette à Marseille illustre les difficultés rencontrées par le commerce de centre-ville dans de nombreuses grandes villes françaises. La concurrence des centres commerciaux en périphérie, la montée en puissance du e-commerce, la question du stationnement et de l’accessibilité, mais aussi l’insécurité et la dégradation de l’espace public sont autant de facteurs qui expliquent la désaffection progressive des consommateurs.
Les experts soulignent également l’évolution des modes de consommation, avec une clientèle plus exigeante, en quête d’expériences et de services personnalisés. « Le modèle du grand magasin traditionnel est remis en cause. Il faut inventer de nouveaux concepts pour attirer les clients », analyse un spécialiste du retail.

Les pistes pour réinventer le centre-ville
Face à ce défi, la municipalité et les acteurs économiques explorent plusieurs pistes pour redynamiser le centre-ville :
la reconversion des friches commerciales en espaces mixtes (commerces, bureaux, logements, espaces culturels) ;
le développement de circuits courts et de commerces de proximité ;
la création de parcours touristiques et culturels pour attirer une nouvelle clientèle ;
l’amélioration de la sécurité et de la qualité de l’espace public.
Des appels à projets ont été lancés pour imaginer l’avenir des bâtiments laissés vacants. Plusieurs investisseurs se sont déjà manifestés, mais la transformation prendra du temps.
Les réactions des habitants et des commerçants
La nouvelle de la fermeture a suscité une vague d’émotion à Marseille. De nombreux habitants ont exprimé leur attachement aux Galeries Lafayette, symbole d’un art de vivre et d’une certaine idée du commerce à la française. « C’est une partie de notre histoire qui disparaît », regrette une cliente fidèle.
Les commerçants, eux, appellent à la mobilisation et à la solidarité pour éviter une spirale de fermeture et de désertification. Des initiatives citoyennes voient le jour pour soutenir le commerce local et encourager les Marseillais à consommer dans leur ville.
Conclusion
Le départ des Galeries Lafayette de Marseille marque la fin d’une époque et pose la question de l’avenir du commerce de centre-ville face aux mutations économiques et sociales. Si la situation est préoccupante, elle offre aussi l’opportunité de repenser le modèle commercial et de réinventer l’attractivité du cœur de la ville. La mobilisation de tous les acteurs sera essentielle pour relever ce défi et faire de Marseille un exemple de renaissance urbaine et commerciale.
