La France à l’heure de la « fin du macronisme » – Quelles recompositions politiques pour 2025 ?
Introduction
En 2025, la France semble tourner la page du macronisme. Après deux mandats marqués par l’ambition réformatrice, la gestion de crises successives et une polarisation croissante, le pays entre dans une période d’incertitude politique. La recomposition du paysage politique français est en marche : partis traditionnels en mutation, montée des extrêmes, émergence de nouveaux visages et mouvements citoyens. À quoi ressemble la France post-macronienne ? Quels scénarios se dessinent pour la présidentielle de 2027 ? Omondo propose une analyse approfondie de ce moment charnière.
Le crépuscule du macronisme
L’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée en 2017 avait bouleversé les équilibres politiques français. Son mouvement, La République en Marche, avait réussi à fédérer une majorité centriste, éclipsant les partis traditionnels. Mais huit ans plus tard, le « en même temps » s’essouffle. Les réformes, souvent menées à marche forcée, ont suscité des résistances : Gilets jaunes, contestations sur la réforme des retraites, crise sanitaire, tensions sur la laïcité et l’immigration.
Le macronisme, qui se voulait synonyme de modernité et d’efficacité, a fini par incarner pour beaucoup une forme de verticalité, voire de technocratie déconnectée. Les dernières élections législatives partielles ont montré l’érosion de la majorité présidentielle, tandis que les sondages révèlent une défiance croissante envers le centre.

La fragmentation du paysage politique
La fin du macronisme ne signifie pas un retour à l’ancien monde. La droite républicaine, bien que revigorée par la crise du macronisme, reste divisée entre plusieurs prétendants : Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Édouard Philippe, voire Valérie Pécresse. Aucun leader ne s’impose clairement, et la question du projet reste ouverte : retour à une droite classique ou ouverture à des alliances inédites ?
La gauche, quant à elle, tente de se réinventer. La Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES) a explosé sous le poids des divergences stratégiques et idéologiques. Mais des figures comme François Ruffin, Clémentine Autain ou Raphaël Glucksmann cherchent à fédérer une gauche sociale, écologiste et européenne, loin des outrances de Jean-Luc Mélenchon.
Le Rassemblement National, de son côté, capitalise sur la fatigue du macronisme et la crise sociale. Marine Le Pen, désormais figure rassurante pour une partie de l’électorat, se prépare à une nouvelle candidature, tandis que Jordan Bardella incarne le renouveau générationnel du parti.
Émergence de nouveaux acteurs et mouvements citoyens
La recomposition ne se limite pas aux partis. La société civile s’organise, portée par les mobilisations pour le climat, la justice sociale, la santé ou la démocratie participative. Des maires de grandes villes, des entrepreneurs, des intellectuels et des syndicalistes entrent dans l’arène politique, parfois en dehors des structures traditionnelles.
Les réseaux sociaux, les collectifs citoyens et les plateformes numériques jouent un rôle croissant dans la structuration du débat public. On assiste à une multiplication des initiatives locales, des expérimentations démocratiques et des candidatures indépendantes, qui pourraient bouleverser les équilibres lors des prochaines échéances.
Scénarios pour 2027 : vers une nouvelle polarisation ?
À deux ans de la présidentielle, plusieurs scénarios se dessinent :
Un duel extrêmes : RN contre une gauche radicale, sur fond de rejet du centre et d’abstention massive.
Un retour du clivage gauche-droite : Si la droite et la gauche parviennent à se réorganiser autour de projets clairs et de leaders charismatiques.

Un éclatement du paysage : Multiplication des candidatures, instabilité chronique, et risque de blocage institutionnel.
La question centrale reste celle de la confiance : comment réconcilier les Français avec la politique ? Comment renouveler le contrat social dans une société fragmentée ?
Conclusion
La fin du macronisme ouvre une période d’incertitude, mais aussi d’opportunités pour repenser la démocratie française. Les recompositions en cours pourraient accoucher d’un paysage politique inédit, où la société civile, les territoires et les nouvelles générations joueront un rôle déterminant. Omondo continuera d’observer et d’analyser ces mutations, fidèle à sa vocation de laboratoire d’idées pour « refaire le monde ».
