Trump An II ou la Désuétude de l'Idéalisme : Vers un Monde de Sommes Nulles
Un an après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a achevé la déconstruction de l'ordre wilsonien qui avait régi le monde depuis 1945. Pour les lecteurs d'OMONDO, ce ne sont pas les tweets ou les sorties médiatiques qui importent, mais la mutation profonde de la structure de puissance. L'administration Trump a remplacé la notion d'"allié" par celle de "partenaire commercial sous contrat". Ce basculement marque le passage d'une diplomatie de valeurs à une diplomatie de la transaction pure.
La mort du "Leadership Moral"
Pendant huit décennies, les États-Unis se sont présentés comme la "nation indispensable", le rempart de la démocratie libérale. Trump a enterré cette prétention. Pour lui, l'Amérique n'a plus de mission civilisatrice ; elle n'a que des intérêts. Ce repli n'est pas une simple frilosité, c'est un choix idéologique : le refus de supporter le coût du maintien de l'ordre mondial. En exigeant que l'OTAN soit une "assurance" payée au prix fort par les Européens, il transforme la sécurité collective en service de protection privée. L'universalisme américain, qui prétendait que ce qui était bon pour Washington l'était pour l'humanité, a laissé place à un nationalisme décomplexé.

Un monde de compartiments
La conséquence est un monde qui se compartimente. En se retirant des accords multilatéraux et en affaiblissant l'OMC, Trump force chaque région à créer son propre centre de gravité. Pour l'Europe, c'est un séisme : le parapluie américain est désormais "à la carte". Ce monde de sommes nulles, où le gain de l'un est nécessairement la perte de l'autre, enterre l'idée de progrès global partagé. L'instabilité devient la seule constante, car elle permet à la puissance dominante de renégocier les règles à son avantage permanent.
