ÉDITORIAL : L'Infamie de Sanary – Quand l'Enfant Tue l'École
Par Christian Sabba Wilson
Le 3 février 2026 restera comme une balafre sur le visage de la République. À Sanary-sur-Mer, dans l'enceinte d'un collège qui aurait dû être un sanctuaire, une enseignante d'arts plastiques a été poignardée par son élève de 14 ans. Cet acte n'est pas seulement un "fait divers" tragique ; c'est une infamie. C'est le symptôme terminal d'une société qui a laissé le chaos s'inviter là où devait régner la lumière du savoir.
L'Autorité du Professeur : Une Digue à Rebâtir
Pourquoi parler d'infamie ? Parce que frapper un professeur, c'est frapper la main qui tend le livre. C'est saboter l'avenir au nom d'une pulsion immédiate. L'autorité du professeur n'est pas une option négociable ou un vestige du passé ; elle est la condition sine qua non de la transmission. Sans respect pour celui qui enseigne, l'école n'est plus qu'une garderie sous haute tension.
Le "Pas de vague" a vécu. En 2026, l'heure est au rétablissement d'un ordre scolaire de fer. L'enseignant doit redevenir une figure sacrée de la République, protégée non seulement par la loi, mais par un consensus social indéfectible.

La Faillite du Duo Famille-École
Ce drame pose la question brutale de la responsabilité. Comment un enfant de 14 ans en vient-il à porter une lame en classe ?
- La faillite de l'éducation familiale : L'école instruit, mais la famille éduque. On ne peut plus accepter que des parents démissionnaires attendent de l'institution qu'elle gère seule les frustrations et les colères de leur progéniture. La politesse, le respect de la vie et la discipline s'apprennent au foyer, pas au tableau noir.
- L'illusion de la toute-puissance des parents : Faut-il donner plus de pouvoir aux parents ? Non. Il faut leur donner plus de responsabilité. Trop souvent, le "pouvoir" des parents s'est transformé en un droit d'ingérence, voire de contestation systématique de l'autorité pédagogique. Le parent doit être un partenaire, pas un procureur.
État et Parents : Chacun à sa Place
Le contrat social est rompu. L'État a failli en laissant les établissements devenir des zones poreuses à la violence sociétale (6 257 fouilles de sacs, 364 armes saisies en un jour, les chiffres hurlent la défaite). Mais les parents faillissent dès lors qu'ils ne sont plus les premiers garants de la moralité de leurs enfants.
La place des uns : L'État doit sanctuariser physiquement et juridiquement l'école. Tolérance zéro pour l'intrusion et l'agression. La place des autres : Les parents doivent assumer les conséquences des actes de leurs mineurs. La responsabilité civile et pénale des tuteurs doit être le levier d'un retour au civisme.

Conclusion : Le Silence n'est plus une Option
Se taire devant l'infamie de Sanary, c'est accepter que le couteau remplace la plume. OMONDO refuse ce crépuscule. L'éducation est un combat de chaque instant pour la civilisation. Si nous laissons l'autorité s'effondrer, nous laissons la barbarie s'installer dans la cour de récréation.
Le temps de l'indulgence est terminé. Place à la rectitude.
