Vol de câbles SNCF : trois interpellations, trafic Colmar-Mulhouse perturbé
Le réseau ferroviaire français a une nouvelle fois été la cible d’actes de malveillance, avec le vol de câbles qui a fortement perturbé la circulation des trains entre Colmar et Mulhouse au mois de mars dernier. Après plusieurs semaines d’enquête, la police a procédé à l’interpellation de trois suspects, soupçonnés d’être à l’origine de ces faits. Cet épisode met en lumière la vulnérabilité des infrastructures ferroviaires face à la criminalité organisée et pose la question de la sécurisation du réseau dans un contexte de modernisation et de transition énergétique.
Le vol de câbles, motivé par la revente illégale du cuivre sur le marché noir, est un phénomène en recrudescence depuis plusieurs années. Le cuivre, métal précieux et indispensable au bon fonctionnement des installations électriques et de signalisation, attise la convoitise de réseaux criminels structurés. Selon la SNCF, les vols de câbles ont augmenté de 35 % en 2024, causant chaque année des millions d’euros de pertes et des milliers d’heures de retard pour les voyageurs.
Dans le cas du tronçon Colmar-Mulhouse, les conséquences ont été immédiates : suppression de trains, retards en cascade, mécontentement des usagers et mobilisation exceptionnelle des équipes de maintenance. Les syndicats de cheminots dénoncent un « fléau » qui met en péril la sécurité des circulations et la fiabilité du service public ferroviaire. Ils réclament des moyens supplémentaires pour renforcer la surveillance des voies, notamment par l’installation de caméras, de capteurs intelligents et l’augmentation des patrouilles de sécurité.

L’enquête, menée conjointement par la police judiciaire et la SNCF, a permis de remonter la piste des suspects grâce à l’exploitation de vidéosurveillance et à l’analyse des réseaux de revente de métaux. Les trois individus interpellés, déjà connus des services de police pour des faits similaires, ont été placés en garde à vue et devraient être prochainement présentés à la justice. Les autorités rappellent que le vol de câbles est un délit passible de lourdes peines, compte tenu des risques encourus pour la sécurité des personnes et des biens.
Au-delà de l’aspect criminel, cet incident relance le débat sur la modernisation des infrastructures ferroviaires françaises. Le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, a récemment alerté sur l’urgence de « remettre en état le réseau » afin d’éviter une multiplication des incidents et de garantir la qualité du service. Le vieillissement des installations, la sous-investissement chronique et la multiplication des actes de malveillance fragilisent un réseau déjà sous pression, alors que la demande de mobilité durable ne cesse de croître.
Les pouvoirs publics sont appelés à réagir. Le gouvernement promet un plan d’action renforcé, incluant l’augmentation des moyens de surveillance, la coopération accrue avec les forces de l’ordre et le développement de technologies innovantes pour détecter et prévenir les intrusions. Parallèlement, la SNCF travaille à la mise en place de câbles moins attractifs pour les voleurs, en utilisant des alliages moins précieux ou des dispositifs de traçabilité.
Pour les usagers, ces incidents sont vécus comme une double peine : non seulement ils subissent les désagréments du service interrompu, mais ils voient aussi leurs impôts mobilisés pour réparer les dégâts. Les associations de consommateurs demandent plus de transparence sur les mesures de prévention et sur l’utilisation des fonds publics alloués à la sécurité du réseau.
En conclusion, le vol de câbles sur le réseau Colmar-Mulhouse n’est que la partie émergée d’un iceberg. Il révèle les failles d’un système ferroviaire à la croisée des chemins, entre nécessité de modernisation, impératifs de sécurité et lutte contre la criminalité organisée. La réponse devra être globale, associant innovation technologique, renforcement des moyens humains et coopération internationale, car le trafic de métaux précieux ne connaît pas de frontières. L’avenir du service public ferroviaire en dépend, tout comme la confiance des usagers dans la capacité de la SNCF à assurer un transport sûr, fiable et durable.
