Guerre à Gaza : Israël franchit sa propre "ligne jaune", l'accord de cessez-le-feu en péril
L’instauration d’une partition physique de l’enclave
Le 28 janvier 2026 marque un tournant potentiellement irréversible dans le conflit à Gaza. L'armée israélienne (Tsahal) a commencé à matérialiser ce qu'elle appelle la "ligne jaune", une zone tampon hautement sécurisée de plusieurs centaines de mètres de large, séparant hermétiquement le nord du sud de la bande de Gaza. Pour le gouvernement de Benyamin Netanyahou, il s'agit d'une mesure de sécurité impérative pour empêcher le retour des combattants du Hamas dans les zones évacuées. Cependant, pour la communauté internationale, cette initiative ressemble de plus en plus à une annexion de fait et à une division permanente du territoire palestinien.
Un désastre humanitaire sous surveillance militaire
Les rapports provenant des organisations humanitaires sur place sont alarmants. La "ligne jaune" coupe les routes d'approvisionnement vitales et empêche des milliers de familles de retourner vers ce qu'il reste de leurs foyers dans le Nord. Des incidents mortels ont été signalés ce matin : des civils palestiniens, tentant de franchir cette nouvelle ligne de démarcation pour récupérer des biens ou retrouver des proches, auraient été pris pour cibles par des snipers. Amnesty International dénonce une "zone de mort" où le droit international semble suspendu au profit d'une logique de séparation ethnique et sécuritaire. Cette situation rend les négociations pour la libération des otages restants extrêmement précaires, le Hamas ayant déclaré que tout accord de cessez-le-feu était désormais "caduc" face à cette nouvelle réalité territoriale.
Le dilemme de la communauté internationale
À l'ONU, les appels à la retenue se multiplient, mais l'impact est limité. Les États-Unis, bien que critiques sur certains aspects tactiques, maintiennent leur soutien stratégique à Israël, tout en pressant pour un accès humanitaire plus fluide. La "ligne jaune" cristallise désormais l'échec de la solution à deux États et pose la question de l'avenir de Gaza : un territoire fragmenté sous surveillance israélienne constante ou une entité politique autonome ? La réponse semble de plus en plus sombre à mesure que le béton et les barbelés s'installent durablement dans le paysage dévasté de l'enclave.
