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Une mère accusée du meurtre de son fils de 6 ans pour « exorcisme » – Les dérives de la foi et la question de la santé mentale aux États-Unis

Une mère accusée du meurtre de son fils de 6 ans pour « exorcisme » – Les dérives de la foi et la question de la santé mentale aux États-Unis

 

Un drame familial qui bouleverse l’Amérique

Le 4 juin 2025, l’Amérique a été secouée par un fait divers glaçant : aux États-Unis, une mère de famille a été arrêtée pour le meurtre de son fils de 6 ans, sous prétexte d’« exorciser les démons » qui auraient, selon elle, pris possession de l’enfant. L’affaire, révélée par la police locale, met en lumière la complexité de la frontière entre croyance religieuse, troubles psychiatriques et responsabilité pénale. Elle interroge aussi la société américaine sur la protection de l’enfance et les failles du système de santé mentale.

Les faits : un « exorcisme » mortel

L’alerte a été donnée par l’école du jeune garçon, inquiète de son absence prolongée. Après deux semaines sans nouvelles, les forces de l’ordre se sont rendues au domicile familial, où ils ont découvert le corps sans vie de l’enfant. La mère, en état de choc, a rapidement avoué avoir agi « sur ordre de Dieu », persuadée que son fils était possédé. Selon les premiers éléments de l’enquête, la femme aurait tenté de « chasser les démons » à travers des pratiques violentes, provoquant la mort de l’enfant. L’autopsie a confirmé la présence de multiples blessures et de traces de maltraitance.

Dérives religieuses et troubles mentaux : un cocktail explosif

Ce drame s’inscrit dans une longue série d’affaires où la foi, poussée à l’extrême, se conjugue à des troubles psychiatriques non traités. Aux États-Unis, pays où la liberté religieuse est un principe constitutionnel, les pratiques d’exorcisme restent tolérées dans certaines communautés, en particulier dans les milieux évangéliques ou pentecôtistes. Mais la frontière entre rituel religieux et acte criminel est parfois ténue, surtout lorsque la santé mentale des protagonistes est en jeu. Les experts psychiatres, sollicités par la justice, devront déterminer si la mère était en pleine possession de ses moyens au moment des faits, ou si elle souffrait d’un délire mystique relevant de la pathologie.

La protection de l’enfance en question

Au-delà de l’horreur du geste, l’affaire relance le débat sur la protection des enfants face aux dérives parentales. Les services sociaux, déjà alertés par le passé pour des soupçons de maltraitance, n’avaient pas jugé nécessaire de retirer l’enfant à sa mère. Ce manquement soulève de lourdes questions sur la capacité des institutions à détecter et prévenir les situations à risque. Les associations de défense de l’enfance dénoncent un système trop souvent débordé, où les signaux d’alerte ne sont pas suffisamment pris en compte. « Nous voyons chaque année des dizaines d’enfants victimes de croyances déviantes ou de troubles non diagnostiqués », déplore la directrice d’une ONG spécialisée.

La justice américaine face à un cas complexe

Le procès de la mère s’annonce particulièrement délicat. La défense entend plaider l’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental, tandis que l’accusation insiste sur la préméditation et la violence des actes. La question du discernement sera centrale : la mère était-elle consciente de la gravité de ses gestes, ou était-elle sous l’emprise d’un délire religieux incontrôlable ? Les précédents judiciaires montrent que les tribunaux américains oscillent entre sévérité et compassion, selon l’évaluation des experts psychiatres. Dans certains cas, les accusés sont internés à vie en hôpital psychiatrique ; dans d’autres, ils sont condamnés à de lourdes peines de prison.

États-Unis. Une mère de famille soupçonnée du meurtre de son fils il y a  onze ans

 

Le rôle des communautés religieuses

L’affaire met aussi en cause la responsabilité des communautés religieuses qui, parfois, encouragent ou tolèrent des pratiques d’exorcisme non encadrées. Si la plupart des Églises condamnent la violence, certaines minorités continuent de prôner des rituels archaïques, au mépris de la sécurité des enfants. Les autorités religieuses, interrogées par les médias, ont rappelé que l’exorcisme ne doit jamais se substituer à l’accompagnement médical ou psychologique. Mais la réalité du terrain est plus nuancée : dans les quartiers défavorisés, l’accès aux soins reste difficile, et la tentation de recourir à des solutions « spirituelles » demeure forte.

Santé mentale : un système en crise

La tragédie révèle, une fois de plus, les failles du système de santé mentale américain. Faute de moyens et de personnel, de nombreux patients ne bénéficient pas d’un suivi adapté. Les familles, souvent démunies, peinent à obtenir de l’aide, surtout lorsque les troubles se manifestent sous forme de croyances religieuses exacerbées. Les professionnels de santé réclament une réforme en profondeur, avec une meilleure coordination entre services sociaux, psychiatres et éducateurs. « Il faut sortir du déni et accepter que la santé mentale est un enjeu de santé publique majeur », insiste un psychiatre new-yorkais.

Un débat de société

L’affaire suscite une vive émotion dans l’opinion publique, partagée entre incompréhension et colère. Les réseaux sociaux relaient massivement l’histoire du petit garçon, tandis que les débats télévisés s’interrogent sur la responsabilité de la société dans ce type de drame. Faut-il renforcer le contrôle des pratiques religieuses ? Comment améliorer la détection des troubles mentaux chez les parents ? Les réponses sont loin d’être simples, tant les enjeux touchent à la fois à la liberté individuelle, à la protection de l’enfance et à la laïcité.

Conclusion : un signal d’alarme pour la société américaine

Le meurtre d’un enfant au nom d’un prétendu exorcisme est un signal d’alarme pour l’ensemble de la société américaine. Il rappelle la nécessité d’un encadrement plus strict des pratiques religieuses, d’un investissement massif dans la santé mentale et d’une vigilance accrue des institutions chargées de protéger les plus vulnérables. Au-delà de l’émotion, il s’agit désormais de tirer les leçons de ce drame pour éviter qu’il ne se reproduise.

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