Manifestations massives à Madrid et Lisbonne pour le logement et les salaires
L’Europe du Sud est entrée dans une nouvelle phase de contestation sociale. À Madrid comme à Lisbonne, des centaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues, réclamant des mesures d’urgence contre la crise du logement et la stagnation des salaires. Ces mobilisations, d’une ampleur inédite depuis la pandémie, témoignent d’un malaise profond dans des sociétés confrontées à la précarité, à l’inflation et à la montée des inégalités.
Le logement, une urgence sociale
À Madrid, la Puerta del Sol s’est transformée en place forte de la colère populaire. Locataires, jeunes précaires, familles monoparentales, retraités : tous dénoncent la flambée des loyers, la spéculation immobilière et l’insuffisance des logements sociaux. Les associations pointent du doigt la responsabilité des pouvoirs publics, accusés de favoriser les investisseurs au détriment des habitants. À Lisbonne, la situation est similaire : le centre-ville se vide de ses habitants, chassés par la pression touristique et les locations de courte durée.
Des salaires qui ne suivent plus
La question des salaires cristallise aussi la colère. Malgré la reprise économique affichée par les gouvernements, le pouvoir d’achat ne cesse de reculer sous l’effet de l’inflation, de la hausse des prix de l’énergie et de la précarisation de l’emploi. Les syndicats réclament une revalorisation immédiate des salaires minimums, un encadrement des contrats précaires et une meilleure protection sociale. Les jeunes diplômés, en particulier, dénoncent le « déclassement » et l’impossibilité d’accéder à une vie autonome.

Des gouvernements sous pression
Face à la mobilisation, les exécutifs espagnol et portugais tentent de désamorcer la crise. À Madrid, le gouvernement promet un plan d’urgence pour le logement, avec la construction de 50 000 nouveaux logements sociaux et un encadrement des loyers dans les zones tendues. À Lisbonne, des aides au logement et des subventions pour les jeunes sont annoncées. Mais les manifestants restent sceptiques, dénonçant des mesures « trop tardives et insuffisantes ».
Une contestation européenne ?
Ces mouvements s’inscrivent dans une vague de contestation plus large qui touche l’ensemble de l’Europe du Sud, de l’Italie à la Grèce. Partout, la question du logement et des salaires devient un enjeu politique majeur, susceptible de rebattre les cartes lors des prochaines élections. Les partis de gauche tentent de capitaliser sur la colère sociale, tandis que les gouvernements centristes peinent à trouver des réponses efficaces.
L’avenir de la mobilisation
Les organisateurs promettent de maintenir la pression, avec de nouvelles manifestations prévues dans les semaines à venir. Ils appellent à une coordination européenne des luttes sociales, estimant que la crise du logement et des salaires est le symptôme d’un modèle économique à bout de souffle.
