Les associations dénoncent la refonte des réductions d’impôts sur les dons – Un coup dur pour la solidarité
La publication d’un rapport de Bercy préconisant une réduction des avantages fiscaux liés aux dons a provoqué un véritable séisme dans le monde associatif français. Les principales organisations caritatives, fondations et instituts de recherche médicale s’inquiètent de l’impact d’une telle mesure sur la générosité des Français et sur la pérennité de leurs actions.
Le dispositif actuel permet aux particuliers et aux entreprises de bénéficier d’une réduction d’impôt substantielle lorsqu’ils soutiennent financièrement une association reconnue d’utilité publique. Ce mécanisme, considéré comme l’un des plus incitatifs d’Europe, a permis de mobiliser chaque année plusieurs milliards d’euros au service de la solidarité, de la recherche et de la culture.
La perspective d’un rabotage des réductions fiscales suscite une levée de boucliers. Les dirigeants associatifs alertent sur les risques immédiats : baisse des dons, fragilisation des structures les plus modestes, remise en cause des programmes d’aide aux plus vulnérables. Les grandes campagnes de collecte, déjà affectées par la crise économique et l’inflation, pourraient connaître un recul sans précédent.
Les associations rappellent que la générosité du public ne se décrète pas. Elle repose sur un équilibre subtil entre l’engagement personnel, la confiance dans les organismes bénéficiaires et l’incitation fiscale. Les Français, réputés pour leur attachement à la solidarité, pourraient être tentés de réduire leur contribution si l’avantage fiscal venait à disparaître ou à diminuer significativement.

Le gouvernement, de son côté, justifie cette proposition par la nécessité de réaliser des économies budgétaires et de réorienter les dépenses publiques vers les priorités nationales. Il assure que la réforme sera concertée et qu’elle tiendra compte des spécificités des différents secteurs concernés. Mais la défiance s’installe, alimentée par le souvenir de précédentes réformes qui avaient déjà fragilisé le tissu associatif.
Au-delà du débat fiscal, c’est la place même de la société civile qui est en jeu. Les associations jouent un rôle irremplaçable dans la cohésion sociale, l’innovation sociale et la défense des droits fondamentaux. Leur affaiblissement aurait des conséquences durables sur la capacité du pays à faire face aux crises, à accompagner les plus fragiles et à promouvoir l’intérêt général.
Les prochains mois seront décisifs. Le secteur associatif entend mobiliser l’opinion publique, interpeller les parlementaires et proposer des alternatives pour préserver la dynamique du don. La question posée est simple : quelle société voulons-nous pour demain ? Une société de solidarité et d’engagement, ou une société repliée sur elle-même, où la générosité serait reléguée au second plan ?
