Le Royaume-Uni reconnaît la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental – Un tournant diplomatique ?
Le 2 juin 2025, le Royaume-Uni a officiellement reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, un territoire disputé depuis des décennies entre Rabat et le Front Polisario. Cette décision, qui rompt avec la position traditionnelle de Londres, suscite de vives réactions régionales et internationales. Analyse des motivations britanniques et des conséquences pour la diplomatie marocaine et la stabilité du Maghreb.
Un changement de cap diplomatique majeur
Depuis l’indépendance du Royaume-Uni, Londres avait adopté une position prudente sur le Sahara occidental, appelant à une solution négociée sous l’égide de l’ONU. La reconnaissance de la souveraineté marocaine marque un changement radical, alignant le Royaume-Uni sur la politique américaine et celle de plusieurs pays arabes.
Le gouvernement britannique justifie sa décision par « l’importance stratégique du partenariat avec le Maroc » et la volonté de soutenir la stabilité régionale face aux menaces terroristes et migratoires.
Les réactions au Maroc et dans la région
Au Maroc, la nouvelle a été accueillie avec enthousiasme. Le roi Mohammed VI a salué « une reconnaissance juste et historique », soulignant que cette décision « renforce la souveraineté et l’intégrité territoriale du Royaume ». Le gouvernement marocain espère que d’autres pays suivront cet exemple.
Du côté du Front Polisario, la réaction est de rejet catégorique. Les dirigeants sahraouis dénoncent une « violation du droit international » et appellent à une intensification de la lutte pour l’autodétermination. L’Algérie, soutien historique du Polisario, a condamné la décision britannique, menaçant de revoir ses relations avec Londres.

Enjeux géopolitiques et économiques
Le Sahara occidental est riche en ressources naturelles, notamment en phosphates et en potentiels gaziers offshore. La reconnaissance britannique pourrait ouvrir la voie à des investissements accrus, notamment dans les secteurs minier et énergétique.
Sur le plan géopolitique, cette décision s’inscrit dans un contexte de recomposition des alliances au Maghreb et au Sahel, avec un renforcement des liens entre le Maroc, les États-Unis, le Royaume-Uni et plusieurs pays du Golfe.
Les implications pour l’Union européenne et l’ONU
L’UE, qui maintient une position neutre et appelle à une solution négociée, se trouve confrontée à une divergence avec un de ses partenaires majeurs. Bruxelles a rappelé son attachement au processus onusien et à la résolution pacifique du conflit.
L’ONU, qui supervise depuis 1991 un cessez-le-feu fragile et un processus de négociation, a appelé au respect du droit international et à la reprise du dialogue. La reconnaissance britannique pourrait compliquer les efforts de médiation.
Perspectives pour la paix et la stabilité régionale
La décision britannique pourrait relancer les tensions dans la région, mais aussi inciter à une normalisation accélérée des relations entre Rabat et ses voisins. Le Maroc mise sur cette reconnaissance pour renforcer sa position diplomatique et économique.
Pour le Sahara occidental, la voie vers l’autodétermination semble plus incertaine que jamais. La communauté internationale est confrontée à un dilemme entre réalités géopolitiques et principes juridiques.
