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Le Parlement belge abroge la sortie du nucléaire : la Belgique fait le pari de l’atome

Le Parlement belge abroge la sortie du nucléaire : la Belgique fait le pari de l’atome

Un revirement historique pour l’énergie belge

Le 16 mai 2025, le Parlement belge a adopté à une large majorité un texte abrogeant la loi de 2003 sur la sortie du nucléaire. Cette décision, qui met fin à plus de vingt ans de débats et de tergiversations, marque un tournant dans la politique énergétique du pays. Désormais, la Belgique pourra non seulement prolonger la durée de vie de ses centrales existantes, mais aussi envisager la construction de nouveaux réacteurs pour répondre aux défis de la transition énergétique et de la sécurité d’approvisionnement.

Le contexte : une transition énergétique sous tension

Depuis le début des années 2000, la Belgique s’était engagée dans un processus de sortie progressive du nucléaire, avec la fermeture programmée de ses sept réacteurs d’ici 2025. Cette stratégie, motivée par des préoccupations environnementales et la pression de certains partis écologistes, devait permettre un basculement vers les énergies renouvelables et le gaz.

Mais la réalité s’est avérée plus complexe : la dépendance au gaz importé, la volatilité des prix de l’énergie, les risques de pénurie lors des pics de consommation et la nécessité de respecter les engagements climatiques ont poussé le gouvernement à revoir sa copie. La crise énergétique européenne, exacerbée par la guerre en Ukraine et les tensions sur les marchés mondiaux, a fini de convaincre les décideurs belges de la nécessité de préserver l’option nucléaire.

Les arguments en faveur du nucléaire

Les partisans de l’atome mettent en avant plusieurs arguments : la stabilité de la production, l’indépendance énergétique, la faible empreinte carbone et la capacité à garantir des prix compétitifs pour les ménages et les entreprises. Selon une étude de la Banque nationale de Belgique, la prolongation des centrales existantes permettrait d’éviter une hausse de 20 % des factures d’électricité à l’horizon 2030.

La Belgique, qui dispose d’un savoir-faire reconnu dans le domaine du nucléaire civil, entend aussi jouer un rôle moteur dans la recherche sur les réacteurs de nouvelle génération, plus sûrs et plus efficaces. Des partenariats sont en cours avec la France, les Pays-Bas et l’Allemagne pour mutualiser les investissements et accélérer l’innovation.

Le Parlement belge abroge la sortie du nucléaire qui était inscrite dans la  loi depuis 2003 - La DH/Les Sports+

 

Les oppositions et les défis

La décision du Parlement n’a pas fait l’unanimité. Les partis écologistes et certaines ONG dénoncent un « retour en arrière » et alertent sur les risques liés à la gestion des déchets radioactifs, à la sécurité des installations et à la transparence des décisions. Pour eux, la Belgique doit avant tout investir dans l’efficacité énergétique, la sobriété et le développement massif des renouvelables.

Le gouvernement s’engage à renforcer les contrôles, à améliorer la concertation avec la société civile et à investir dans la recherche sur le stockage et le recyclage des déchets. Un plan national de gestion des risques sera présenté avant la fin de l’année.

Les conséquences pour l’Europe

La décision belge intervient alors que plusieurs pays européens, dont l’Allemagne et la Suisse, poursuivent leur propre sortie du nucléaire, tandis que la France, la Finlande et la Pologne misent sur l’atome pour atteindre la neutralité carbone. Ce choix pourrait relancer le débat au sein de l’Union européenne sur la place du nucléaire dans le mix énergétique du continent.

La Belgique, située au cœur du réseau électrique européen, joue un rôle clé dans la stabilité des échanges transfrontaliers. Sa décision aura donc des répercussions sur l’ensemble du marché, notamment en période de forte demande.

L’avenir du nucléaire belge

Le texte adopté ouvre la voie à la prolongation des réacteurs de Doel et Tihange, ainsi qu’à la construction éventuelle de nouveaux sites, sous réserve de l’accord des autorités de sûreté. Le gouvernement prévoit également de renforcer la formation des ingénieurs, de soutenir la filière industrielle et de développer des programmes de recherche sur la fusion nucléaire.

La question du financement reste posée : le coût des investissements nécessaires est estimé à plusieurs milliards d’euros, mais les partisans du nucléaire estiment que les retombées économiques et la stabilité des prix compenseront largement l’effort initial.

Conclusion : un pari sur l’avenir énergétique

En abrogeant la sortie du nucléaire, la Belgique fait le choix de la stabilité, de la sécurité et de l’innovation. Ce pari sur l’avenir, s’il est mené avec rigueur et transparence, pourrait permettre au pays de relever les défis de la transition énergétique et de garantir une électricité propre, sûre et abordable à ses citoyens.

 

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