L’Université Columbia menacée de perdre son accréditation fédérale
Une sanction sans précédent dans l’histoire universitaire américaine
L’administration Trump a franchi un nouveau cap dans sa politique de fermeté à l’égard des établissements d’enseignement supérieur. Le 5 juin 2025, Columbia, l’une des universités les plus prestigieuses des États-Unis, a été officiellement menacée de perdre son accréditation fédérale. Cette décision, qui pourrait priver l’établissement de toutes ses subventions publiques, fait planer une ombre sur l’avenir de milliers d’étudiants et sur la réputation internationale de l’enseignement supérieur américain.
Les raisons avancées par l’administration Trump
Selon la Maison-Blanche, cette mesure radicale serait motivée par des « manquements graves » de l’université en matière de gestion administrative et de respect des règles fédérales, notamment sur la question de l’accueil des étudiants étrangers. L’administration reproche à Columbia d’avoir « failli à ses obligations » en matière de contrôle des visas, dans un contexte où la sécurité nationale est invoquée comme priorité absolue. Les autorités affirment également que l’université aurait toléré des activités politiques jugées « subversives » sur son campus, notamment lors des récentes manifestations étudiantes contre la politique migratoire du gouvernement.
Un choc pour la communauté universitaire
La nouvelle a provoqué une onde de choc parmi les étudiants, les enseignants et les anciens élèves de Columbia. Pour beaucoup, cette menace d’exclusion du système fédéral est perçue comme une attaque directe contre la liberté académique et l’indépendance des universités. Plusieurs professeurs ont dénoncé une tentative de museler la contestation sur les campus, rappelant que l’histoire de Columbia est étroitement liée à la défense des droits civiques et des libertés individuelles. Les étudiants étrangers, déjà fragilisés par la récente interdiction de visas, redoutent désormais de voir leurs diplômes perdre toute valeur s’ils ne sont plus reconnus par l’État fédéral.
Les conséquences financières et sociales
La perte de l’accréditation fédérale signifierait, pour Columbia, la suppression immédiate de toutes les subventions publiques, qui représentent une part essentielle de son budget. Cela mettrait en péril de nombreux programmes de bourses, de recherche et d’aide sociale destinés aux étudiants les plus modestes. L’université devrait également faire face à une vague de départs d’enseignants et de chercheurs, attirés par des établissements moins exposés aux pressions politiques. À plus long terme, c’est l’ensemble du modèle universitaire américain qui pourrait être remis en cause, si d’autres établissements venaient à être sanctionnés de la même manière.

Un précédent inquiétant pour l’enseignement supérieur
Jamais, dans l’histoire récente des États-Unis, une université de la stature de Columbia n’avait été menacée d’une telle sanction. Pour les défenseurs de l’autonomie universitaire, cette affaire marque un tournant dangereux, où le pouvoir politique s’arroge le droit de contrôler les établissements d’enseignement au nom de la sécurité nationale. Plusieurs associations d’enseignants et de chercheurs ont appelé à la mobilisation, craignant que cette mesure ne serve de précédent pour d’autres universités jugées trop critiques à l’égard du gouvernement.
Réactions politiques et internationales
La décision de l’administration Trump a suscité de vives réactions à l’étranger, notamment en Europe et en Asie, où Columbia jouit d’une réputation d’excellence. De nombreux responsables universitaires ont exprimé leur solidarité avec l’établissement new-yorkais et appelé à la défense de la liberté académique. En France, la Conférence des présidents d’université a dénoncé une « dérive autoritaire » et rappelé l’importance de préserver l’indépendance des institutions éducatives face aux pressions politiques.
Analyse : un bras de fer aux conséquences incalculables
Au-delà du cas de Columbia, cette affaire révèle les tensions croissantes entre le pouvoir politique et le monde universitaire aux États-Unis. Alors que la compétition internationale pour attirer les meilleurs talents s’intensifie, la remise en cause de l’autonomie des universités pourrait affaiblir durablement l’attractivité du pays. Pour l’administration Trump, il s’agit d’imposer une discipline stricte et de réaffirmer la primauté des intérêts nationaux. Mais ce choix pourrait se retourner contre elle, en accélérant la fuite des cerveaux et en fragilisant l’un des piliers du soft power américain.
Conclusion
La menace de retrait d’accréditation qui pèse sur Columbia est un signal d’alarme pour l’ensemble du monde universitaire. Elle pose la question du rôle de l’État dans la régulation de l’enseignement supérieur et de la capacité des universités à préserver leur indépendance dans un contexte politique de plus en plus polarisé. L’avenir de Columbia, et peut-être de tout le système universitaire américain, se joue dans les semaines à venir.
