L’Argentine secouée par une troisième grève générale sous l’actuelle présidence
L’Argentine traverse une période de forte agitation sociale avec la convocation d’une troisième grève générale en moins d’un an, sous la présidence d’Alberto Fernández. Ce mouvement, orchestré par les principaux syndicats du pays, traduit un profond mécontentement face à la dégradation des conditions de vie, à l’inflation galopante et aux réformes économiques contestées. Cette nouvelle mobilisation pose la question de la stabilité politique et économique d’une nation en crise.
Une grève massive et symbolique
Les syndicats argentins, réunis sous la bannière de la CGT et de la CTA, ont appelé à un arrêt total des activités dans les secteurs public et privé, paralysant les transports, les écoles, les administrations et de nombreuses entreprises. Cette mobilisation témoigne d’une colère sociale exacerbée par la hausse des prix, qui a atteint un taux record de plus de 70 % sur un an, érodant le pouvoir d’achat des travailleurs.
Les revendications principales
Les grévistes réclament une revalorisation salariale significative, une meilleure protection sociale, et la suspension des mesures d’austérité imposées par le gouvernement dans le cadre des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI). Ils dénoncent également la précarisation de l’emploi et les difficultés croissantes d’accès aux biens essentiels, notamment l’alimentation et l’énergie.

Un gouvernement sous pression
Le président Fernández, confronté à une opposition politique renforcée et à une économie en récession, peine à contenir la crise. Ses tentatives de dialogue avec les syndicats ont jusqu’ici échoué, et la multiplication des grèves fragilise son autorité. Le gouvernement met en avant les contraintes budgétaires et la nécessité de réformes structurelles pour redresser le pays, mais peine à convaincre.
Impact économique et social
Cette nouvelle grève générale a un impact significatif sur l’économie argentine déjà fragilisée. La paralysie des transports et des services publics perturbe la vie quotidienne et les activités commerciales. Les investisseurs étrangers, déjà méfiants, observent avec inquiétude la montée des tensions sociales, ce qui pourrait freiner les flux de capitaux indispensables à la relance.
Un défi pour la démocratie
La répétition des grèves et des manifestations pose aussi la question du dialogue social et de la capacité des institutions à gérer les conflits. Certains craignent une radicalisation des mouvements sociaux, tandis que d’autres appellent à une réforme profonde des mécanismes de concertation entre le gouvernement, les syndicats et les employeurs.
