Kenya – Le chef adjoint de la police démissionne après la mort du blogueur Ojwang
Un choc pour la société civile kenyane
Le 17 juin 2025, le Kenya a été secoué par la démission du chef adjoint de la police nationale, à la suite de la mort controversée du blogueur et militant des droits humains, Peter Ojwang1. Cette affaire, qui a rapidement pris une dimension nationale et internationale, met en lumière les tensions persistantes entre la société civile, les forces de l’ordre et le pouvoir politique au Kenya.
Qui était Peter Ojwang ?
Peter Ojwang, 32 ans, était l’une des figures montantes de la blogosphère kenyane. Connu pour ses enquêtes sur la corruption, les violences policières et les abus de pouvoir, il était suivi par des centaines de milliers d’internautes et relayé par de nombreux médias indépendants. Ses derniers posts, critiques envers la gestion de la sécurité et la répression des manifestations, lui avaient valu des menaces anonymes et des intimidations répétées.
Les circonstances troubles de sa mort
Le 15 juin, Peter Ojwang est retrouvé mort à son domicile de Nairobi, dans des circonstances non élucidées. Les premiers éléments de l’enquête évoquent un possible suicide, mais la famille, les amis et plusieurs ONG dénoncent un assassinat déguisé, pointant du doigt le harcèlement dont il était victime et la pression constante exercée par certains membres des forces de l’ordre.
La société civile s’est immédiatement mobilisée : manifestations, veillées, campagnes sur les réseaux sociaux (#JusticeForOjwang) et appels à une enquête indépendante. L’ambassade des États-Unis et l’Union européenne ont exprimé leur « préoccupation » et appelé à la transparence.
La démission du chef adjoint de la police : un geste fort ou un écran de fumée ?
Face à la pression, le chef adjoint de la police nationale a annoncé sa démission « pour faciliter l’enquête et restaurer la confiance ». Ce geste, salué par certains comme un acte de responsabilité, est vu par d’autres comme une tentative de calmer la colère populaire sans s’attaquer aux causes profondes du problème : l’impunité, la corruption et la violence institutionnelle.

Le gouvernement a promis une enquête « impartiale et transparente », mais les familles de victimes et les défenseurs des droits humains restent sceptiques. Plusieurs cas similaires, jamais élucidés, ont laissé des traces profondes dans la mémoire collective kenyane.
Un enjeu pour la démocratie et l’État de droit
L’affaire Ojwang relance le débat sur la liberté d’expression, la protection des lanceurs d’alerte et la réforme des forces de sécurité au Kenya. Le pays, souvent présenté comme un modèle de stabilité en Afrique de l’Est, est confronté à une montée des tensions sociales, à la défiance envers les institutions et à la pression internationale pour améliorer la gouvernance.
Les ONG réclament la création d’un organe de contrôle indépendant, la protection des journalistes et des blogueurs, et une refonte en profondeur de la police. Le gouvernement, sous surveillance, devra prouver sa volonté de lutter contre l’impunité et de garantir la justice pour tous.
Conclusion : un tournant pour les droits humains au Kenya ?
La mort de Peter Ojwang et la démission du chef adjoint de la police constituent un test pour la démocratie kenyane. La société civile, plus mobilisée que jamais, attend des actes forts, au-delà des discours. Le monde entier observe : la justice et la transparence seront les seules garanties d’un avenir démocratique solide.
