Justice Sociale - L'arrêt Glovo et la fin de l'ubérisation sauvage en Europe
Le séisme judiciaire venu de Milan
Le tribunal de Milan a rendu ce 21 février 2026 un arrêt qui fera date dans l'histoire du droit du travail. En ordonnant la requalification immédiate de 15 000 livreurs Glovo en salariés, la justice italienne vient de porter un coup de boutoir au modèle économique de "l'indépendance forcée". Pour OMONDO.INFO, cette décision est l'aboutissement d'une prise de conscience sociétale globale : la flexibilité ne peut se faire au détriment de la dignité et de la sécurité sociale.
L'effet domino sur les géants de la livraison
De Madrid à Paris, les services juridiques d'Uber Eats, Deliveroo et Just Eat sont en état d'alerte. L'arrêt italien s'appuie sur la nouvelle directive européenne de 2025, qui établit une présomption de salariat dès lors qu'un lien de subordination algorithmique est prouvé. Les plateformes, qui ont longtemps joué sur le flou juridique, se retrouvent face à leurs responsabilités. L'impact financier est colossal : les cotisations sociales rétroactives pourraient mettre en péril la rentabilité de certains acteurs, forçant une consolidation du secteur.
Vers un nouveau contrat social numérique
Au-delà de l'aspect juridique, c'est une question de civilisation. Comment intégrer le progrès technologique sans régresser sur le plan social ? OMONDO.INFO interroge les experts : la fin de l'ubérisation signifie-t-elle une augmentation des prix pour le consommateur ? Probablement. Mais c'est le prix à payer pour un modèle durable où le "travailleur de la donnée" n'est plus un citoyen de seconde zone. L'Europe s'affirme ici comme le régulateur mondial de la tech, imposant ses valeurs humaines face à la jungle du capitalisme numérique.
