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Drame aux Canaries – Six migrants périssent dans le chavirement d’une embarcation

Drame aux Canaries – Six migrants périssent dans le chavirement d’une embarcation

La crise migratoire méditerranéenne continue de faire des victimes, relançant le débat sur les politiques d’accueil et de sauvetage en mer

Au moins six personnes, dont deux enfants, ont trouvé la mort mercredi 28 mai dans le chavirement d’une embarcation de migrants à l’approche du port de Las Palmas, aux îles Canaries. Le drame, survenu à l’aube, met une nouvelle fois en lumière la dangerosité des routes migratoires entre l’Afrique et l’Europe, ainsi que la difficulté des autorités à répondre à l’urgence humanitaire.

Un naufrage en pleine nuit

Selon les garde-côtes espagnols, l’embarcation, une pirogue surchargée, transportait une trentaine de personnes, principalement originaires d’Afrique de l’Ouest. Parti de la côte marocaine quatre jours plus tôt, le bateau a été repéré à quelques kilomètres du rivage, alors qu’il prenait l’eau sous l’effet de la houle et du vent. Les secours, alertés par un navire marchand, sont intervenus en urgence, mais n’ont pu empêcher le chavirement.

Quatre femmes et deux enfants, âgés de cinq et seize ans, figurent parmi les victimes. Les survivants, en état de choc et de déshydratation, ont été pris en charge par la Croix-Rouge et transférés vers un centre d’accueil de Las Palmas.

Une route migratoire de plus en plus meurtrière

Les îles Canaries sont devenues, ces dernières années, l’une des principales portes d’entrée vers l’Europe pour les migrants africains. Face au renforcement des contrôles en Méditerranée centrale et orientale, de plus en plus de candidats à l’exil tentent la traversée de l’Atlantique, au péril de leur vie. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 5 000 personnes ont péri ou disparu sur cette route depuis 2020.

Les ONG dénoncent la dangerosité de ces traversées, souvent organisées par des réseaux de passeurs sans scrupules. Les embarcations, vétustes et surchargées, sont rarement équipées de gilets de sauvetage ou de moyens de communication. « Chaque semaine, nous récupérons des corps en mer », témoigne un sauveteur espagnol.

Une embarcation transportant 160 migrants chavire aux Canaries, au moins  sept morts

 

Les défis de l’accueil et de la prise en charge

À Las Palmas, comme dans d’autres ports des Canaries, les centres d’accueil sont saturés. Les autorités locales réclament une solidarité accrue de la part des autres régions d’Espagne et de l’Union européenne. « Nous ne pouvons pas faire face seuls à l’afflux de migrants », déplore le président du gouvernement des Canaries.

Les associations humanitaires tirent la sonnette d’alarme sur les conditions d’accueil : manque de places, promiscuité, absence de suivi médical et psychologique. Les enfants, souvent non accompagnés, sont particulièrement vulnérables.

Un débat politique relancé

Le drame de mercredi a relancé le débat sur la politique migratoire espagnole et européenne. Plusieurs partis de droite réclament un renforcement des contrôles et des expulsions, tandis que la gauche et les ONG plaident pour une politique d’accueil plus humaine et un renforcement des moyens de sauvetage en mer.

Au niveau européen, la question de la répartition des migrants entre les États membres reste un sujet de discorde. La Commission européenne a appelé à une « solidarité effective » et à une réforme du système d’asile, mais les négociations patinent.

Les causes profondes de l’exil

Derrière chaque embarcation, il y a des histoires de misère, de guerre, de persécution ou de rêve d’un avenir meilleur. Les experts soulignent que la seule répression ne suffira pas à tarir les flux migratoires. « Il faut s’attaquer aux causes profondes : pauvreté, instabilité politique, changement climatique », estime un chercheur du CNRS.

L’Union européenne a lancé plusieurs programmes de coopération avec les pays d’origine et de transit, mais les résultats restent limités. Les migrants, eux, continuent de risquer leur vie pour franchir les frontières.

Conclusion

Le chavirement mortel d’une embarcation de migrants aux Canaries rappelle la tragédie quotidienne des routes migratoires. Face à l’urgence humanitaire, la solidarité, la prévention et la coopération internationale sont plus que jamais nécessaires pour sauver des vies et offrir des perspectives d’avenir à ceux qui fuient la misère et la violence.

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