Croissance mondiale en berne : faut-il craindre une nouvelle crise financière en 2025 ?
Introduction
En 2025, la croissance économique mondiale plafonne autour de 3 %, un niveau modeste marqué par des tensions commerciales persistantes, une inflation élevée et des incertitudes géopolitiques majeures. Les marchés financiers oscillent entre espoir de reprise et crainte d’une nouvelle crise systémique, alors que la fragmentation de l’ordre mondial et la volatilité politique compliquent les perspectives économiques. Faut-il redouter une nouvelle crise financière ? Cet article analyse les tendances, les risques et les scénarios pour l’année à venir.
- Croissance mondiale : ralentissement généralisé
Selon les grandes institutions internationales, la croissance mondiale devrait rester inférieure à la moyenne des vingt dernières années5.
Les économies développées affichent des taux atones : États-Unis à 2,2 %, zone euro à 1 %, Chine à 4,4 %.
Les marchés émergents, moteurs traditionnels, ralentissent également, même si certains pays d’Asie et d’Afrique restent dynamiques.
Les causes principales :
Tensions commerciales et retour du protectionnisme (guerre commerciale USA-Chine, droits de douane sur secteurs stratégiques).
Incertitudes politiques (élections majeures, instabilité institutionnelle en Europe et aux États-Unis).
Chocs énergétiques et pénuries de matières premières.
- Inflation persistante et politiques monétaires restrictives
L’inflation reste élevée, pesant sur le pouvoir d’achat et la confiance des ménages.
Les banques centrales maintiennent des politiques monétaires strictes pour contenir la hausse des prix, au risque de freiner la croissance et d’alourdir le coût du crédit pour les entreprises et les États.
- Tensions géopolitiques et fragmentation du commerce mondial
La rivalité sino-américaine, la guerre en Ukraine, les tensions au Moyen-Orient et la multiplication des sanctions bouleversent les échanges et les chaînes d’approvisionnement.
Le commerce entre blocs géopolitiques s’est contracté plus vite qu’au sein de ces blocs, renforçant la régionalisation et la fragmentation de l’économie mondiale.

- Risques financiers : vulnérabilités et scénarios de crise
Endettement record : la dette mondiale atteint des niveaux historiques, fragilisant États, entreprises et ménages5.
Volatilité des marchés : les bourses restent sensibles à la moindre annonce politique ou économique, et la fuite vers les valeurs refuges (or, dollar, obligations d’État) témoigne de la nervosité des investisseurs5.
Risque bancaire : les banques, exposées à des actifs risqués, pourraient être déstabilisées par un choc externe ou une perte de confiance.
- Garde-fous et leviers de résilience
Depuis la crise de 2008, les régulateurs ont renforcé les exigences prudentielles et les banques centrales disposent d’outils pour injecter de la liquidité en cas de besoin.
La coordination internationale, bien que mise à l’épreuve, reste un rempart contre les paniques financières.
- Scénarios pour 2025
Stabilité fragile : croissance molle, inflation maîtrisée, pas de crise majeure mais des risques latents.
Crise aiguë : choc externe (géopolitique, bancaire, énergétique) déclenchant une contraction brutale de l’activité.
Effet de rattrapage : apaisement des tensions, baisse des taux d’intérêt, reprise de la croissance au-dessus de 3,5 %.
Conclusion
La croissance mondiale en 2025 sera modérée et fragile, exposée à de multiples risques. Si une nouvelle crise financière n’est pas inévitable, la vigilance reste de mise. Les décideurs devront concilier prudence monétaire, soutien à la croissance et gestion des tensions géopolitiques pour éviter un nouveau choc systémique.
