À Arles, le chef présumé de la DZ Mafia collectionne les téléphones en prison – La sécurité pénitentiaire en échec ?
Le 5 juin 2025, un rapport explosif de l’administration pénitentiaire a révélé qu’un détenu, suspecté d’être l’un des chefs de la redoutée DZ Mafia marseillaise, avait été trouvé en possession de son sixième téléphone portable depuis son incarcération à la prison d’Arles. Malgré son placement à l’isolement, Gabriel O. parvient à contourner les dispositifs de sécurité, mettant en lumière les failles du système carcéral français.
Une organisation criminelle qui défie l’État
La DZ Mafia, considérée comme l’un des réseaux criminels les plus puissants de Marseille, est impliquée dans le trafic de drogue, le blanchiment d’argent et la corruption. L’arrestation de Gabriel O. en 2024 avait été saluée comme une victoire majeure par les forces de l’ordre. Mais sa capacité à continuer à communiquer avec l’extérieur depuis sa cellule interroge sur l’efficacité des mesures de sécurité en prison.
Les syndicats de surveillants dénoncent depuis des années le manque de moyens, la vétusté des équipements et la multiplication des complicités internes. À Arles, l’affaire Gabriel O. a provoqué un tollé : comment un détenu aussi surveillé peut-il disposer de six téléphones en quelques mois ?
Des failles structurelles dans les prisons françaises
Le cas de Gabriel O. n’est malheureusement pas isolé. Selon un rapport du Sénat, plus de 20 000 téléphones portables ont été saisis dans les prisons françaises en 2024. Les réseaux criminels utilisent ces appareils pour organiser des trafics, intimider des témoins ou préparer des évasions. Les brouilleurs de signaux, souvent obsolètes, ne suffisent plus à endiguer le phénomène.
Les syndicats réclament une réforme en profondeur : généralisation des brouilleurs de nouvelle génération, fouilles renforcées, vidéosurveillance intelligente, et surtout, revalorisation du métier de surveillant. Sans ces mesures, la prison risque de devenir un simple « hub » pour les organisations criminelles.

La question de l’isolement et des droits des détenus
Le placement à l’isolement, censé empêcher toute communication, est de plus en plus contesté par les associations de défense des droits de l’homme. Elles dénoncent des conditions de détention inhumaines et appellent à un équilibre entre sécurité et respect des droits fondamentaux. L’affaire Gabriel O. relance ce débat : comment concilier la lutte contre la criminalité organisée et la dignité des personnes détenues ?
Des conséquences pour la justice et la société
La capacité des chefs mafieux à continuer de diriger leurs réseaux depuis la prison mine la confiance dans l’institution judiciaire. Les magistrats s’inquiètent de la difficulté à démanteler les organisations criminelles si les têtes de réseau restent opérationnelles derrière les barreaux. Les victimes, elles, redoutent des représailles et un sentiment d’impunité.
Le ministère de la Justice a annoncé l’ouverture d’une enquête interne et le transfert possible de Gabriel O. dans un établissement de sécurité maximale. Mais pour de nombreux observateurs, il s’agit d’une mesure symbolique, qui ne règle pas le problème de fond.
Vers une réforme du système pénitentiaire ?
La France, régulièrement épinglée par le Conseil de l’Europe pour la surpopulation et l’insécurité dans ses prisons, doit repenser son modèle carcéral. L’enjeu est double : garantir la sécurité de tous et préparer la réinsertion des détenus. L’affaire Gabriel O. pourrait être le déclencheur d’une réforme attendue depuis des années.
