Mer de Chine méridionale : L'ASEAN et la Chine vers un code de conduite juridiquement contraignant ?
Développement (Analyse géopolitique) : Un vent d'optimisme prudent souffle sur Cebu, aux Philippines, où les délégués de l'ASEAN et de la Chine se sont réunis pour accélérer les négociations sur le Code de conduite (COC) en Mer de Chine méridionale. Après des décennies de blocage, les discussions sont enfin entrées dans leur phase de "troisième lecture". L'objectif est ambitieux : créer un cadre juridique capable de prévenir les incidents armés dans l'une des zones les plus militarisées de la planète.
La pierre d'achoppement : Le caractère contraignant du traité
Le nœud gordien reste la nature du code. Alors que le Vietnam et les Philippines exigent un traité juridiquement contraignant fondé sur la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), la Chine préfère une déclaration de principes plus souple qui ne remettrait pas en cause ses "droits historiques" (la fameuse ligne en neuf traits). Pékin utilise cette négociation comme un outil de communication pour prouver qu'elle peut régler les différends régionaux sans l'ingérence des États-Unis, tout en continuant à construire des bases artificielles dans les Spratleys.

Un enjeu pour le commerce mondial
Pour les lecteurs d'OMONDO.INFO, l'enjeu dépasse la simple diplomatie régionale. Un tiers du commerce maritime mondial transite par ces eaux. Tout dérapage militaire entre les garde-côtes chinois et les marines de l'ASEAN aurait des répercussions immédiates sur les chaînes d'approvisionnement en Europe. L'accélération des négociations observée ce 7 février 2026 est une course contre la montre face à la montée en puissance des nationalismes et au renforcement des alliances militaires (AUKUS, QUAD) dans la région.
