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Macron à Berlin — Le discours de la "Troisième Voie" pour une Europe leader

Macron à Berlin — Le discours de la "Troisième Voie" pour une Europe leader

Berlin, Bundestag, ce matin. Sous la coupole de verre de Norman Foster, Emmanuel Macron a prononcé ce que les observateurs qualifient déjà de « Discours de la Maturité Européenne ». Face à une Allemagne encore hésitante entre son lien transatlantique historique et la nécessité d'une survie industrielle, le président français a théorisé la « Troisième Voie ».

La rupture avec le protectionnisme agressif

Le constat de départ est sans appel : l’Inflation Reduction Act II (IRA II), promulgué par la Maison Blanche fin 2025, impose des taxes de 15 % sur les composants automobiles européens n'utilisant pas de l'acier américain. « Nous ne pouvons plus être les spectateurs passifs de notre propre déshindustrialisation sous couvert d'une amitié qui ne se manifeste que dans les discours », a martelé le chef de l'État.

La stratégie proposée repose sur trois piliers :

  1. La Préférence Européenne : Un mécanisme d'achat public réservé aux entreprises produisant sur le sol de l'UE à hauteur de 65 % de la valeur ajoutée.
  2. Le Fonds de Souveraineté : Une levée de dette commune de 350 milliards d'euros dédiée aux ruptures technologiques (fusion nucléaire, ordinateurs quantiques).
  3. La Diplomatie d'Équilibre : Refuser l'alignement systématique sur les embargos américains, notamment envers le Sud Global, pour préserver les débouchés commerciaux de l'Europe.

Emmanuel Macron se rendra à Berlin pour son premier déplacement à  l'étranger depuis sa réélection - ICI

 

Un leadership de rupture

Emmanuel Macron tente ici d'imposer un leadership de rupture. Il ne s'agit plus de réformer l'UE à la marge, mais de la transformer en un pôle de puissance autonome, capable de dialoguer d'égal à égal avec le bloc formé par les BRICS+ et les États-Unis. En s'adressant directement au chancelier et aux députés allemands, il cherche à briser le verrou de l'ordolibéralisme pour embrasser un « colbertisme européen ».

La réception fut fraîche du côté des Libéraux du FDP, mais les applaudissements nourris des Verts et d'une partie de la CDU suggèrent que l'idée d'une Europe « puissance de référence » fait son chemin face à l'agressivité de la Maison Blanche.

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