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Le Groenland, "Deal du Siècle" ou Mirage Polaire ? Les Dessous de l'Offensive de Donald Trump sur l'Arctique

Le Groenland, "Deal du Siècle" ou Mirage Polaire ? Les Dessous de l'Offensive de Donald Trump sur l'Arctique

L'obsession groenlandaise : De la lubie au dogme d’État

Ce mardi 27 janvier 2026, l'administration Trump a franchi un nouveau palier dans ce que les diplomates européens qualifient désormais de "harcèlement territorial". À Davos, il y a quelques jours, le président américain a réaffirmé que l'acquisition ou, à défaut, le contrôle exclusif du Groenland constituait une "priorité de sécurité nationale absolue". Ce qui était perçu en 2019 comme une lubie immobilière est devenu, en 2026, le pilier central de la doctrine Trump pour contrer l’hégémonie technologique chinoise.

Le président américain joue sur deux tableaux : il a officiellement écarté l'option militaire, mais il utilise l'arme économique comme un bélier. En menaçant huit pays européens, dont la France et le Danemark, de droits de douane de 200 % dès le 1er février, Washington espère forcer Copenhague à une renégociation radicale de l'accord de défense de 1951.

La base de Pituffik (Thulé) : Le verrou du nouveau monde

Au cœur des négociations secrètes se trouve la base spatiale de Pituffik (anciennement Thulé). Véritable sentinelle électronique, ce site protège le territoire américain contre les missiles balistiques passant par le pôle. Mais pour Trump, cela ne suffit plus. Washington exige désormais une "souveraineté élargie" sur des portions de terre entourant la base, officiellement pour installer de nouveaux radars de pointe.

En réalité, cette extension permettrait aux États-Unis de disposer d'un pied-à-terre permanent et autonome sur l'île, court-circuitant l'autorité danoise et le gouvernement autonome de Nuuk. Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a d'ailleurs exprimé sa vive inquiétude ce matin, affirmant que "le Groenland n'est pas à vendre et ne sera pas le pion d'une nouvelle guerre froide".

Terres rares : Le coffre-fort sous la glace

Pourquoi un tel acharnement ? La réponse se trouve dans la géologie. Le Groenland détient le 8e rang mondial des réserves de terres rares, des minéraux indispensables à la fabrication des puces d'IA, des batteries de voitures électriques et des systèmes de guidage de missiles. Alors que la Chine contrôle 80 % de la production mondiale, Trump veut faire du Groenland la "mine à ciel ouvert de l'Amérique".

Cependant, l'eldorado est complexe à exploiter. Entre le manque criant d'infrastructures (routes, ports en eau profonde), les contraintes climatiques extrêmes et les réglementations environnementales strictes imposées par l'UE et le Danemark, le démarrage d'une mine prendrait au minimum dix ans. Pour Trump, le temps presse : il souhaite affaiblir les lois minières locales par le biais d'un "Pacte de Prospérité Arctique" qui offrirait des milliards de dollars d'investissements américains en échange d'un assouplissement des normes environnementales.

Trump martèle son envie d'acquérir le Groenland : une prétention “inouïe,  désagréable et inquiétante”

 

La riposte européenne : L’instrument anti-coercition en action

Face à ce que Paris qualifie de "chantage à la bouteille" (visant les vins et spiritueux français), Emmanuel Macron mène la fronde européenne. Le président français a appelé ce 27 janvier à l'activation immédiate de l'instrument anti-coercition de l'Union européenne. Ce mécanisme permet à Bruxelles de répondre par des sanctions symétriques et massives contre les intérêts américains si Washington met à exécution ses menaces tarifaires sur le dossier groenlandais.

Le Danemark, bien que petit pays, se retrouve au centre d'un séisme géopolitique. Copenhague a déjà annoncé l'envoi de renforts militaires symboliques sur l'île pour réaffirmer sa souveraineté, tandis que plusieurs milliers de manifestants se sont réunis à Nuuk aux cris de "Nous ne voulons pas être Américains".

Conclusion : Vers une partition de fait ?

Le bras de fer engagé par Donald Trump en ce début d'année 2026 redessine la carte de l'Arctique. Si le Danemark refuse de vendre l'île, l'administration américaine semble se contenter, pour l'instant, d'une "annexion rampante" via des concessions minières exclusives et une militarisation accrue. Pour OMONDO.INFO, cet affrontement est le miroir d'un monde où les principes du droit international s'effacent devant la brutalité des besoins en ressources stratégiques. La question n'est plus de savoir si le Groenland changera de visage, mais à quel prix pour l'unité de l'OTAN.

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