Diplomatie du Grand Nord : La France et le Canada ouvrent des consulats à Nuuk pour sécuriser l'Arctique
Introduction
Le Grand Nord n'a jamais été aussi convoité. Ce vendredi 6 février 2026, la capitale groenlandaise, Nuuk, a été le théâtre d'un ballet diplomatique sans précédent. La France et le Canada y ont officiellement inauguré leurs nouveaux consulats généraux. Ce mouvement stratégique, finalisé en ce début de semaine, intervient dans un contexte de tensions extrêmes avec Washington. Alors que le président Donald Trump a réitéré ses velléités d'« acquisition » de l'île pour des raisons de sécurité nationale et de ressources minérales, Paris et Ottawa envoient un message clair : le Groenland n'est pas à vendre.
Un rempart diplomatique face aux ambitions américaines
L'inauguration a été marquée par la présence de la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, et du nouveau consul général de France, Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur chevronné. En devenant le premier pays de l'Union européenne à établir un consulat général à Nuuk, la France concrétise la promesse faite par Emmanuel Macron lors de sa visite en juin 2025.
Pour les experts interrogés par Le Monde et la BBC, cette présence physique est une « assurance-vie » pour la souveraineté danoise et l'autonomie groenlandaise. Il s'agit de saturer l'espace diplomatique pour décourager toute tentative d'annexion ou de pression excessive de la part des États-Unis.
Les enjeux : Minerais critiques et routes maritimes
Au-delà des principes, la bataille est économique. Le Groenland regorge de terres rares et de métaux stratégiques indispensables à la transition énergétique européenne et nord-américaine. Le Canada, partenaire naturel par sa proximité géographique et sa culture inuite partagée, entend renforcer ses liens commerciaux.
- Côté français : L'accent est mis sur la coopération scientifique (climatologie) et la protection de la biodiversité.
- Côté canadien : On parle de "sécurité intégrée" et de gestion commune des routes maritimes du Nord, qui s'ouvrent de plus en plus avec la fonte des glaces.
Conclusion : "Le Groenland n'est ni à vendre, ni à prendre"
Le ministre délégué français chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, l'a martelé devant l'Assemblée nationale : toute remise en cause des frontières arctiques est inacceptable. Avec l'ouverture de ces représentations, Nuuk n'est plus seulement une paisible capitale boréale, mais le nouveau centre de gravité de la géopolitique mondiale.
