Budget France 2026 : Le grand serrage de vis sur les niches fiscales et la traque au déficit
PARIS – Le couperet est tombé. Le Projet de Loi de Finances (PLF) pour 2026, présenté par le gouvernement, marque un tournant historique dans la gestion des finances publiques françaises. Face à l'obligation de ramener le déficit à 5 % du PIB dès cette année, l'exécutif a choisi de s'attaquer au "maquis" des niches fiscales, un gisement estimé à plus de 80 milliards d'euros mais politiquement explosif.
La fin des "cadeaux" fiscaux ?
Le gouvernement a identifié 5 milliards d'euros d'économies immédiates via la rationalisation des niches. Parmi les mesures les plus débattues :
- Le Crédit Impôt Recherche (CIR) : Longtemps sanctuarisé, il subit son premier rabotage sérieux, ciblant les grandes entreprises pour favoriser les PME et startups.
- L'immobilier : Le dispositif Pinel, déjà moribond, est définitivement enterré au profit d'une aide à la construction directe, moins coûteuse pour l'État.
- Le transport : Les avantages fiscaux sur le gazole non routier sont progressivement supprimés, provoquant la colère du monde agricole et du BTP.
Une pression fiscale accrue sur les plus aisés
Pour compenser ces coupes, le budget 2026 instaure une contribution différentielle sur les très hauts revenus et une taxe sur les holdings patrimoniales. "Il s'agit d'un budget de combat pour la crédibilité de la signature de la France sur les marchés", martèle-t-on à Bercy. En parallèle, le gouvernement gèle le barème de l'impôt sur le revenu, ce qui, par le jeu de l'inflation, entraînera une hausse mécanique des prélèvements pour les classes moyennes.

Le risque d'une crise sociale majeure
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Les associations comme Attac dénoncent une "injustice fiscale imposée par la force", pointant du doigt l'usage répété de l'article 49-3. Le mécontentement grandit également dans les collectivités territoriales, sommées de réduire leurs dépenses de fonctionnement de 2,4 milliards d'euros. Pour OMONDO.INFO, la France joue gros : si cette cure d'austérité ne s'accompagne pas d'un retour de la croissance, le pays pourrait basculer dans une récession sociale durable à l'aube des prochaines échéances électorales.
