Axe Paris-Berlin-Londres : L’Europe peut-elle encore peser sur la désescalade au Moyen-Orient ?
Face à l'embrasement provoqué par l'élimination d'Ali Khamenei, le "E3" (France, Allemagne, Royaume-Uni) tente de coordonner une réponse commune pour éviter une guerre totale. Cependant, ce 03 mars 2026, la question de l'influence réelle de l'Europe se pose avec une acuité brutale. Alors que Washington et Tel-Aviv ont agi de concert, l'Europe semble une nouvelle fois placée devant le fait accompli. OMONDO.INFO analyse les marges de manœuvre des capitales européennes.
Une unité de façade face à des intérêts divergents
Si Paris et Berlin appellent d'une seule voix à la "retenue maximale", les nuances diplomatiques réapparaissent rapidement. Londres, fidèle à son alliance spéciale avec les États-Unis, soutient la légitimité de l'action préventive, tandis que Paris insiste sur la nécessité de préserver les canaux de communication avec ce qui reste du pouvoir à Téhéran. Cette cacophonie en coulisses affaiblit la capacité de l'Europe à proposer une médiation crédible. Le président français et le chancelier allemand ont multiplié les entretiens téléphoniques ce matin, tentant de définir une "ligne rouge" européenne au-delà de laquelle le soutien à la coalition ne serait plus inconditionnel.

Le dilemme de la dépendance
L'Europe est le continent qui a le plus à perdre dans un conflit prolongé. Dépendante des flux énergétiques transitant par le Moyen-Orient et exposée aux risques de déstabilisation migratoire, elle ne peut se contenter d'être un spectateur passif. La stratégie de "l'autonomie stratégique" prônée par la France est mise à rude épreuve : sans moyens de pression militaires ou économiques autonomes sur l'Iran ou sur ses alliés, l'Europe peine à se faire entendre entre les deux géants que sont les USA et la Chine, cette dernière observant le chaos avec une neutralité calculée.
L'espoir d'une "troisième voie"
Pour OMONDO.INFO, la seule chance de l'Europe réside dans sa capacité à mobiliser les puissances régionales neutres. Une conférence de paix "format européen" est évoquée pour la fin de semaine, mais son succès dépendra de la volonté de Téhéran de s'asseoir à une table de négociation alors que le deuil national et la soif de vengeance dominent la rue iranienne. L'Europe joue sa crédibilité géopolitique sur sa capacité à transformer ce brasier en une opportunité de dialogue forcé.
