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LES PRISONS POUR ENFANTS DE MAYOTTE : LE CRI DE LA CONSCIENCE CONTRE UNE INFAMIE MORALE

Par Christian Sabba Wilson Essayiste et Humaniste

Le débat public s'enlise trop souvent dans des justifications techniques, des calculs politiciens et des postures de circonstance. Pourtant, face à la réalité intolérable des prisons pour enfants de Mayotte — qu'on dissimule hypocritement sous la sémantique de "centres de rétention administrative" —, il n'y a pas de place pour l'ambiguïté. Ce qui s'y joue n'est pas une simple équation réglementaire ou une gestion des flux migratoires : c'est une imposture, une tromperie intellectuelle et un reniement profond des principes de protection universelle dont la France se veut le phare.

Tenter de normaliser l'enfermement des plus vulnérables sous couvert de légalité est une pure infamie. Comment un système juridique, censé être l'émanation des droits fondamentaux, peut-il institutionnaliser la privation de liberté pour des mineurs ? Un enfant n'a pas la capacité juridique de choisir sa condition, son parcours ou sa présence sur un territoire. Lui appliquer la violence et la coercition de l'appareil d'État est un contresens moral majeur, une régression insensée qui abaisse la sacralité de l'enfance au rang de simple variable d'ajustement sécuritaire.

 

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L'argument de la raison d'État s'effondre dès lors qu'il s'attaque à l'innocence. Aucune nation ne peut prétendre à la grandeur ou à la souveraineté en acceptant que des barreaux et du béton soient la seule réponse apportée à la détresse de la jeunesse. En cautionnant ces pratiques à Mayotte, le pouvoir ne fait pas preuve de fermeté : il s'enferme dans une déchéance éthique devant l'Histoire. La primauté de la dignité humaine doit impérativement s'imposer au-dessus des drapeaux, des frontières et des lois positives lorsque celles-ci bafouent la morale universelle.

Il est temps de déchirer le voile de cette tartufferie ambiante et d'exiger une rupture immédiate avec ces méthodes indignes. Les portes des structures d'enfermement pour mineurs doivent s'ouvrir sans conditions. C'est la seule décision conforme à l'exigence de justice et à l'idée d'une République fidèle à ses valeurs fondatrices. Face à ce recul civilisationnel, la passivité équivaut à une complicité silencieuse. Notre devoir est de maintenir une vigilance absolue et de hurler, sans relâche, que la liberté et la dignité de l'enfance ne se négocient pas.

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