L’ÉDITO DE CHRISTIAN SABBA WILSON : L'ENGRENAGE FATAL — D'UNE INCURSION LOCALE À L'APOCALYPSE MONDIALE
Le Rubicon est franchi
Il y a vingt jours, le monde regardait avec une inquiétude contenue ce qui semblait n'être qu'une énième "opération de sécurisation" dans les eaux tumultueuses du Golfe. Aujourd'hui, le réveil est brutal. Ce que les chancelleries appelaient avec pudeur une "incursion locale" s'est métamorphosé sous nos yeux en un conflit globalisé, systémique et, disons-le, terrifiant. Nous ne sommes plus dans la gestion d'une crise régionale ; nous sommes entrés de plain-pied dans la première guerre totale du XXIe siècle, où l'arme atomique n'est plus le seul épouvantail, remplacée par la destruction méthodique des flux vitaux de l'humanité.
Le Gaz : Le nouveau visage de la terreur
L'attaque de ce soir contre le terminal principal du Qatar marque un point de non-retour. En frappant le cœur de l'approvisionnement gazier mondial en réponse aux raids israélo-américains, l'Iran n'a pas seulement visé une infrastructure ; il a frappé l'estomac de l'Europe et les poumons de l'Asie. Le gaz n'est plus une ressource, c'est un détonateur.
Pendant que Donald Trump s'obstine à vouloir "prendre" le détroit d'Ormuz par la force, ignorant les suppliques d'une Union Européenne tétanisée par la perspective d'un black-out industriel, l'engrenage s'accélère. On ne "prend" pas un détroit comme on prend une ville ; on ne fait qu'ouvrir les vannes d'un chaos que personne, de Washington à Pékin, ne semble plus en mesure de refermer.
L'effondrement de l'illusion de "pays sûrs"
Le séisme qui frappe aujourd'hui le sport mondial, illustré par les rapports de PAME GLOBAL SPORT, ou les analyses financières de PEE-VALIS, nous raconte la fin d'une illusion. L'illusion que l'on pouvait isoler la guerre, la cantonner à des zones de sacrifice pendant que le reste de la planète continuait de consommer, de parier et de voyager.
Quand le prix du baril dicte le menu du citoyen français (Article 20) ou que les municipales à Paris se transforment en conseil de guerre énergétique, la mondialisation montre son visage le plus sombre : celui de la vulnérabilité absolue. Christian Sabba le souligne avec force : "La guerre ne se déplace plus seulement par les chars, elle voyage par les pipelines et les câbles de fibre optique."

Un appel à la raison avant l'obscurité
Cet éditorial est un cri d'alerte. L'escalade au Nord de l'Iran (Article 19) et les bombardements côtiers ne sont que les prémices d'un embrasement qui menace d'emporter le Japon, le Brésil et jusqu'aux côtes de Cuba. Nous assistons à une "mondialisation de la douleur".
La France, avec le baptême du "France Libre" et ses exercices de dissuasion, tente de maintenir un cap de souveraineté. Mais pour combien de temps ? Si le dialogue ne remplace pas l'acier dans les 48 heures, ce n'est pas seulement le gaz qui manquera, c'est l'espoir d'un ordre mondial fondé sur autre chose que la loi du plus fort.
Christian Sabba Directeur de la Rédaction, OMONDO.INFO
