Sécurité et Football : Pourquoi le choc Marseille-Lyon redéfinit le maintien de l'ordre
Le sport roi est en deuil de ses supporters. Pour la énième fois cette saison, le ministère de l'Intérieur a frappé fort : aucun supporter lyonnais ne sera admis au Vélodrome ce soir. Mais derrière cette décision classique se cache une nouvelle doctrine de sécurité intérieure qui inquiète autant qu'elle interroge.
La doctrine de la "Zéro Collision"
En février 2026, la gestion des flux de supporters est devenue un casse-tête géopolitique local. Les incidents de novembre dernier à Lyon ont laissé des traces. La préfecture des Bouches-du-Rhône justifie cette interdiction par l'utilisation de nouveaux algorithmes de prédiction de risques. Ces outils analysent les réseaux sociaux en temps réel pour détecter les points de rendez-vous de "fights" organisés. Si le risque dépasse un seuil de 75%, l'interdiction est automatique.
Le coût économique de l'absence
Pour l'OM et l'OL, ces stades à moitié vides (ou amputés de leur ferveur) représentent un manque à gagner colossal. Les droits TV, déjà fragiles, pâtissent d'une ambiance morose. "On vend du spectacle, pas de la surveillance", s'insurge un responsable de club. Le football français est-il en train de perdre son âme au profit d'une sécurité absolue ?
Perspective OMONDO
La question dépasse le cadre du ballon rond. Elle illustre la difficulté des démocraties européennes à gérer les passions collectives dans l'espace public. Le stade de football est devenu le miroir des tensions sociales françaises. En 2026, le supporter est devenu un "flux" à gérer plutôt qu'un citoyen à accueillir.
