Maladies infectieuses en 2025 – Entre progrès médicaux et menaces persistantes
Introduction
En 2025, la lutte contre les maladies infectieuses reste l’un des enjeux majeurs de santé publique mondiale. Alors que des succès importants ont été enregistrés dans certaines régions — réduction du VIH dans plusieurs pays, campagnes massives de vaccination, nouvelles thérapies — d’autres signaux sont beaucoup plus préoccupants : résistance croissante aux antimicrobiens, réémergence de maladies endémiques, et apparition de nouveaux virus liés aux changements environnementaux et à la mobilité humaine.
Cette “bataille invisible” oppose des systèmes de santé inégaux aux agents pathogènes dans un contexte de mondialisation accélérée, d’urbanisation galopante, et de pression climatique inédite. L’un des paradoxes de notre époque est que, malgré des avancées sans précédent en biotechnologie et en médecine, les maladies infectieuses continuent de causer des millions de décès chaque année, souvent évitables.
Les grands visages des maladies infectieuses en 2025
1. Paludisme : une lutte encore inachevée
Le paludisme touche toujours plus de 250 millions de personnes par an, principalement en Afrique subsaharienne, où il reste la première cause de mortalité infantile dans plusieurs pays. L’OMS signale quelques avancées importantes, notamment l’introduction à grande échelle du vaccin RTS,S et les tests pilotes du nouveau vaccin R21/Matrix-M, plus efficace et moins coûteux. Toutefois, la résistance croissante des moustiques aux insecticides et celle du parasite à certains traitements menacent les acquis.
2. Tuberculose : le retour d’un fléau ancien
La tuberculose redevient en 2025 la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde après la COVID-19, avec près de 10 millions de cas et 1,6 million de décès par an. Les formes multirésistantes (TB-MDR et TB-XDR) augmentent, posant un lourd défi thérapeutique. Les campagnes de dépistage actif et les nouvelles molécules comme la bédaquiline améliorent la prise en charge, mais restent inaccessibles pour nombre de pays à faibles ressources.

3. VIH/Sida : progrès spectaculaires mais vigilance nécessaire
Les nouvelles thérapies à longue durée d’action et les traitements injectables bimestriels changent la donne dans la gestion du VIH, améliorant l’observance et réduisant les transmissions. Néanmoins, certaines régions, notamment en Asie du Sud-Est et en Europe de l’Est, voient une stagnation, voire une recrudescence, des nouvelles infections en raison de la stigmatisation, du recul des programmes de prévention et des inégalités d’accès aux soins.
4. Maladies tropicales négligées (MTN)
Des millions de personnes souffrent encore de maladies comme la schistosomiase, la trypanosomiase africaine ou la filariose lymphatique. Ces affections, bien que moins médiatisées, provoquent des handicaps sévères et renforcent le cercle vicieux pauvreté-maladie. Les programmes intégrés, combinant traitement, assainissement et éducation, montrent qu’une élimination est possible, mais demandent un engagement prolongé.
5. Nouvelles menaces virales
Le réchauffement climatique et la déforestation favorisent la propagation de maladies vectorielles comme la dengue, le chikungunya et le virus Zika. Des cas autochtones apparaissent désormais dans des zones tempérées, y compris en Europe du Sud et aux États-Unis. La surveillance épidémiologique détecte également de nouveaux coronavirus et filovirus, ce qui souligne l’importance de systèmes d’alerte précoce.
Les défis structurels
Résistance antimicrobienne (RAM)
L’augmentation des résistances bactériennes, virales et parasitaires est l’une des menaces sanitaires les plus graves de notre siècle. L’usage excessif ou inapproprié d’antibiotiques — tant en médecine humaine que vétérinaire — favorise l’émergence de bactéries multi-résistantes. L’OMS avertit que, sans intervention, ces infections pourraient provoquer jusqu’à 10 millions de décès annuels d’ici 2050.
Inégalités d’accès aux soins
Les pays riches bénéficient de vaccins innovants et de traitements de pointe, tandis que de vastes zones rurales ou périurbaines des pays à revenus faibles restent dépourvues de cliniques, de laboratoires et de stocks de médicaments. Cette fracture sanitaire fragilise la sécurité collective, car une infection non contrôlée quelque part est un risque pour tous.
Systèmes de santé sous tension
De nombreux pays sortent affaiblis de la pandémie de COVID-19. Les infrastructures hospitalières, souvent saturées, peinent à absorber les vagues d’épidémies récurrentes. Le manque de personnel formé, la fuite des compétences vers les pays plus riches, et le sous-financement chronique aggravent la vulnérabilité face aux crises infectieuses.
Les leviers d’action en 2025
Technologies et innovation médicale
- Vaccins à ARNm polyvalents : en cours de développement pour la grippe, le HIV, le paludisme.
- Diagnostic rapide portable : dispositifs permettant d’identifier un pathogène en moins de 30 minutes sur le terrain.
- Intelligence artificielle appliquée à l’épidémiologie : modélisation de la propagation, allocation optimale des ressources, identification des foyers à risque.

Prévention et éducation
Les campagnes de prévention restent la pierre angulaire de la lutte contre les maladies infectieuses : sensibilisation sur l’hygiène, lutte contre la désinformation sur les vaccins, promotion des comportements à faible risque (préservatifs, moustiquaires imprégnées, lavage des mains).
Coopération internationale
Les initiatives comme le Réseau mondial de surveillance des pathogènes (World Pathogen Surveillance Network) ou les missions d’urgence de l’OMS sont essentielles pour coordonner les réponses. L’intégration des données vétérinaires (santé animale) et humaines dans une logique One Health renforce la capacité à anticiper les zoonoses.
Liens avec les crises globales
Le changement climatique, les conflits et les déplacements de population aggravent la propagation des maladies infectieuses. Les guerres détruisent les infrastructures sanitaires, provoquent des migrations massives et créent un terrain fertile pour la résurgence de maladies oubliées. L’urbanisation rapide dans les pays en développement, souvent sans planification, favorise l’installation de foyers épidémiques.
Conclusion
En 2025, les maladies infectieuses restent à la fois un défi médical, social, économique et géopolitique. Les victoires partielles obtenues contre certaines pathologies ne doivent pas masquer l’urgence de renforcer les systèmes de santé, d’investir dans la recherche et l’innovation, et de réduire les inégalités sanitaires.
Le mot d’ordre doit être clair : prévenir plutôt que guérir, par la surveillance, la coopération transnationale, et l’engagement solidaire de tous les pays. Car, dans un monde interconnecté, aucune nation n’est à l’abri de la contagion.
