La grève menace les hôpitaux de Paris face au plan Bayrou
Une mobilisation sans précédent dans le cœur hospitalier français
Depuis le 25 août 2025, la tension monte au sein de l’Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP-HP), où plus de 100 000 professionnels sont au bord de la rupture. Quatre syndicats majeurs — CGT, FO, CFTC et UNSA — représentent 61% des voix et ont lancé l’appel à des assemblées générales dans l’ensemble des 38 hôpitaux de la capitale. Leur objectif ? Préparer une grève unie et historique pour contester le plan d’économies présenté par François Bayrou et son gouvernement.
Le plan Bayrou, d’un montant de 44 milliards d’euros, vise notamment à doubler le plafond des franchises médicales et à supprimer deux jours fériés. Ces mesures sont qualifiées par les personnels hospitaliers de « attaque frontale » contre le principe de solidarité qui fonde la Sécurité sociale depuis 1945. Le doublement des franchises pose la question de la hausse du reste à charge des patients, tandis que la réforme des jours fériés affecterait l’ensemble des soignants et des personnels logistiques.

Conditions de travail dégradées, déficit chronique, et colère montante
La crise budgétaire dans les hôpitaux publics se traduit non seulement par un déficit record de près de 3 milliards d’euros en 2024, mais aussi par la fermeture de plus de 30 000 lits depuis 2017. Les urgences ferment régulièrement, le personnel est épuisé, et les efforts de revalorisation de la santé post-Covid sont menacés d’être anéantis. L’AP-HP, qui accueille 8 millions de patients par an, doit gérer le syndicalisme face à la « casse » du système et aux défis structurels.
La mobilisation en vue d’une grève générale rejoint ainsi le mouvement national de blocage annoncé par LFI et les écologistes pour le 10 septembre. Si le plan est maintenu, le gouvernement s’expose à une crise sociale de grande ampleur, dont les répercussions pourraient dépasser le secteur hospitalier.
