Assouplissement de la prescription du Wegovy et Mounjaro, médicaments anti-obésité
Le ministère de la Santé a annoncé, ce lundi 26 mai 2025, un assouplissement des conditions de prescription du Wegovy et du Mounjaro, deux médicaments anti-obésité qui connaissent un succès croissant en France et en Europe. Cette décision, saluée par de nombreux professionnels de santé, vise à faciliter l’accès à ces traitements innovants pour les personnes souffrant d’obésité ou de surpoids sévère, tout en renforçant le suivi médical et la lutte contre les dérives.
Wegovy et Mounjaro : deux innovations majeures contre l’obésité
Le Wegovy (sémaglutide) et le Mounjaro (tirzépatide) sont des médicaments de nouvelle génération, appartenant à la classe des agonistes des récepteurs du GLP-1. Ils agissent en mimant l’action de certaines hormones intestinales, réduisant l’appétit, ralentissant la vidange gastrique et favorisant la perte de poids.
Les études cliniques ont montré une efficacité supérieure à celle des traitements précédents, avec une perte de poids moyenne de 15 à 20 % du poids initial après un an de traitement, associée à une amélioration des marqueurs métaboliques (glycémie, cholestérol, tension artérielle).
Un accès élargi pour les patients
Jusqu’à présent, la prescription du Wegovy et du Mounjaro était réservée aux spécialistes en endocrinologie ou en nutrition, et soumise à des critères stricts (IMC supérieur à 35, échec des autres traitements, suivi médical renforcé). Désormais, les médecins généralistes pourront eux aussi initier le traitement, sous réserve d’un bilan complet et d’un accompagnement pluridisciplinaire.
Le ministère de la Santé justifie cette mesure par la nécessité de répondre à l’ampleur de l’épidémie d’obésité : plus de 8 millions de Français sont concernés, et les délais d’attente pour consulter un spécialiste sont parfois supérieurs à six mois.
Les garanties de sécurité
L’assouplissement des modalités de prescription s’accompagne de plusieurs garde-fous :
Obligation d’un bilan initial (biologie, électrocardiogramme, évaluation psychologique).
Suivi trimestriel par le médecin prescripteur, avec possibilité d’arrêt du traitement en cas d’effets indésirables ou d’inefficacité.
Inscription des patients dans un registre national, pour assurer la traçabilité et la pharmacovigilance.
Interdiction de la prescription hors AMM (autorisation de mise sur le marché) ou à des fins esthétiques.
Le ministère insiste sur l’importance d’associer le traitement médicamenteux à une prise en charge globale : rééquilibrage alimentaire, activité physique, soutien psychologique et, si besoin, chirurgie bariatrique.

Les réactions des professionnels de santé
Les médecins généralistes, regroupés au sein de la Fédération des médecins de France, saluent une mesure « pragmatique et attendue », qui permettra de mieux accompagner les patients en situation d’obésité. Les endocrinologues, eux, appellent à la vigilance face au risque de mésusage ou de prescriptions inappropriées.
Les associations de patients se réjouissent de l’élargissement de l’accès, tout en réclamant un effort de pédagogie sur les bénéfices et les limites de ces traitements. Elles insistent sur la nécessité de lutter contre la stigmatisation de l’obésité et de garantir l’égalité d’accès aux soins sur l’ensemble du territoire.
Les enjeux économiques et sociétaux
L’obésité représente un coût majeur pour le système de santé : près de 20 milliards d’euros par an en France, en raison des complications cardiovasculaires, du diabète, des cancers et des maladies articulaires. L’accès à des traitements efficaces pourrait permettre de réduire la morbidité, la mortalité et les dépenses de santé à long terme.
Mais certains experts mettent en garde contre une médicalisation excessive du surpoids, au détriment de la prévention et de l’éducation à la santé. Ils rappellent que l’obésité est une maladie multifactorielle, liée à l’environnement, au mode de vie et aux déterminants sociaux.
Les perspectives pour la recherche
Le succès du Wegovy et du Mounjaro ouvre de nouvelles pistes pour la recherche sur l’obésité et les troubles métaboliques. Plusieurs molécules sont en cours de développement, visant à améliorer l’efficacité, la tolérance et la sécurité des traitements.
Les chercheurs insistent sur la nécessité de poursuivre les études à long terme, pour évaluer l’impact des nouveaux médicaments sur la mortalité, la qualité de vie et la prévention des complications.
Conclusion
L’assouplissement de la prescription du Wegovy et du Mounjaro marque une étape importante dans la lutte contre l’obésité en France. Il doit s’accompagner d’un effort collectif pour garantir un accès équitable, un suivi rigoureux et une prise en charge globale des patients. La prévention, l’éducation et la recherche restent les piliers d’une stratégie efficace face à ce défi majeur de santé publique.
