Addiction aux écrans : l’État français, entre prévention sanitaire et enjeux sociétaux
L’ère numérique a bouleversé tous les aspects de la vie quotidienne, en particulier chez les jeunes générations. L’addiction aux écrans – smartphones, tablettes, jeux vidéo, réseaux sociaux – est devenue un enjeu majeur de santé publique, suscitant une mobilisation accrue des autorités françaises en 2025. Cette problématique, longtemps sous-évaluée, se révèle aujourd’hui au cœur des débats politiques, éducatifs et médicaux.
L’ampleur du phénomène et ses conséquences
Les données récentes montrent une progression préoccupante des troubles liés à l’usage excessif des écrans : troubles du sommeil, isolement social, troubles de l’attention, voire symptômes anxieux et dépressifs. Chez les adolescents et jeunes adultes, qui sont les premiers concernés, ce phénomène impacte le développement cognitif et les relations interpersonnelles.
La complexité de ce trouble réside dans son lien étroit avec la sociabilité et la construction identitaire. Les écrans sont désormais omniprésents, servant d’outils de communication, d’éducation, mais aussi de distraction. La frontière entre usage modéré et dépendance pathologique est parfois ténue, rendant la détection et la prise en charge difficiles.
La réponse de l’État français
Face à cette réalité, l’Etat a proposé, à partir de l’été 2025, une série de mesures innovantes visant à freiner la progression des addictions numériques. Parmi elles, la mise en place de tests d’addiction accessibles dans les établissements scolaires et les centres de soins, un dispositif piloté par les ministres concernés, dont Gabriel Attal.
Ces tests visent à dépister précocement les comportements à risque, permettant une intervention ciblée et adaptée. Ils s’intègrent dans un plan plus large de prévention, combinant information, sensibilisation, et formation des personnels éducatifs et médicaux.
Par ailleurs, des campagnes nationales de communication ciblant notamment les familles et les jeunes seront déployées pour promouvoir un usage raisonné et conscient des outils numériques.
Défis et enjeux éducatifs
L’éducation joue un rôle fondamental dans la lutte contre l’addiction aux écrans. Il s’agit de développer des compétences numériques complémentaires à la maîtrise technique : esprit critique, gestion du temps, reconnaissance des risques, développement de l’empathie.
La réforme des programmes scolaires envisage ainsi d’intégrer des modules spécifiques dédiés à l’éducation aux médias et au numérique, afin de préparer les élèves à naviguer dans un environnement digital complexe.
De même, les parents et responsables éducatifs sont encouragés à dialoguer avec les jeunes, à mettre en place des règles d’utilisation et à favoriser des alternatives attrayantes à l’usage systématique des écrans.
Une dimension médicale et psychologique
L’addiction aux écrans est désormais reconnue comme une pathologie par plusieurs institutions sanitaires internationales. En France, elle mobilise des équipes pluridisciplinaires combinant pédopsychiatres, psychologues, et spécialistes des technologies.
Le développement de centres et de consultations spécialisées permet d’offrir un accompagnement adapté, combinant thérapies comportementales, soutien familial et, lorsque nécessaire, prise en charge médicale.
Le défi reste d’assurer un accès égalitaire à ces soins sur tout le territoire, notamment en milieu rural ou dans les zones défavorisées.

Enjeux sociétaux et économiques
L’addiction aux écrans a aussi un impact sur la société dans son ensemble. Elle concerne la productivité, la santé au travail, et influe sur des comportements de consommation et de citoyenneté.
Les employeurs sont ainsi incités à intégrer la question du numérique responsable dans leurs politiques internes, tandis que les pouvoirs publics réfléchissent à des mesures incitatives pour favoriser des pratiques numériques saines.
De plus, les industriels du numérique, notamment les plateformes et fabricants, sont de plus en plus sollicités pour renforcer leur responsabilité sociétale, notamment en ajustant les mécanismes addictifs de leurs produits.
Conclusion
Le combat contre l’addiction aux écrans en France se présente comme une priorité de santé publique et d’éducation. Il implique une réponse multisectorielle, associant prévention, soin, régulation et engagement citoyen. Face à une révolution numérique accélérée, la société se doit d’inventer de nouveaux équilibres pour protéger ses membres, notamment les plus vulnérables, sans renier les bénéfices apportés par les technologies.
