: Professeur Thomas Gendreix – La guerre n’a jamais été une solution : autopsie d’un échec millénaire
Le mythe de la "Guerre Juste" et de la "Solution Militaire"
Au septième jour de l'embrasement en Iran, alors que les sirènes hurlent sur Téhéran et que les frappes chirurgicales ne semblent plus rien avoir de précis, le Professeur Thomas Gendreix nous reçoit pour une analyse sans concession. Pour ce théoricien de la paix, invité de marque de OMONDO.INFO, le constat est limpide : la guerre est l'aveu d'une faillite de l'intelligence. « Prétendre que la guerre est une solution, c'est comme affirmer que l'amputation est un remède à la course à pied », lance-t-il d'emblée.
À travers l'histoire, et singulièrement en ce début d'année 2026, la force armée n'a jamais résolu les causes profondes d'un différend. Elle ne fait que les compresser, créant une énergie de ressentiment qui explosera inévitablement une génération plus tard. Pour Gendreix, le conflit actuel est la preuve que nous n'apprenons rien des décombres du passé.
L'illusion de la victoire totale
L'un des points cardinaux de l'entretien accordé à OMONDO.INFO concerne l'illusion de la victoire. Dans le cadre iranien, les belligérants communiquent sur des objectifs stratégiques et des "victoires" de terrain. Or, Gendreix démonte ce mécanisme : « Dans une guerre moderne, personne ne gagne. On perd juste un peu moins ou un peu plus lentement que l'adversaire. »
La technologie de 2026, avec ses drones autonomes et ses cyber-attaques, a rendu la notion de "frontière" et de "conquête" obsolète. On ne gagne plus une guerre en plantant un drapeau, car l'idéologie et la haine ne s'arrêtent pas aux lignes de démarcation. La guerre en Iran, selon le professeur, ne débouchera sur aucune stabilité, car elle ne s'attaque pas à la racine du mal : le manque de confiance mutuelle et l'absence de garanties de sécurité partagées.
Le coût exorbitant de l'incompétence diplomatique
Le Professeur Gendreix insiste sur un aspect souvent occulté par les médias sensationnalistes : le coût d'opportunité de la guerre. Pour OMONDO.INFO, il détaille comment les milliards de dollars engloutis en sept jours de combats en Iran auraient pu transformer l'infrastructure énergétique ou éducative de toute la région.
« La guerre est le luxe des nations qui n'ont plus d'idées », affirme-t-il. Il fustige une diplomatie mondiale devenue réactive et non plus préventive. Pour lui, la médiation doit être une science permanente, pas un service d'urgence que l'on appelle quand le bâtiment est déjà en flammes. L'échec en Iran est avant tout celui d'une bureaucratie internationale qui a préféré ignorer les signes avant-coureurs plutôt que d'investir dans un dialogue exigeant.
Réinventer la grammaire de la paix
Pour sortir de ce cycle, Thomas Gendreix propose dans les colonnes d'OMONDO.INFO une rupture radicale. Il plaide pour une "éducation à la complexité". La guerre simplifie tout : il y a le bien, le mal, nous et eux. La paix, elle, impose d'accepter la part de vérité de l'autre.
Son concept de "Souveraineté Partagée" pour les ressources énergétiques du Moyen-Orient pourrait être la clé, mais elle nécessite un courage politique supérieur à celui qu'il faut pour presser un bouton de lancement de missile. « Il faut plus de bravoure pour s'asseoir à une table de négociation avec son ennemi que pour l'attaquer à distance », rappelle-t-il.

Conclusion : Un appel à la raison supérieure
En conclusion de cet échange pour OMONDO.INFO, le Professeur Gendreix lance un avertissement : si l'humanité de 2026 continue de valider la guerre comme un outil politique légitime, elle se condamne à l'insécurité perpétuelle. Le conflit en Iran doit être le catalyseur d'un changement de paradigme.
La guerre n'est pas une solution, elle est l'annulation de toutes les solutions possibles. Il est temps que les instances dirigeantes, de Washington à Pékin, en passant par Téhéran et Bruxelles, reconnaissent que chaque jour de combat supplémentaire est une défaite pour l'espèce humaine dans son ensemble.
