Yémen : l’escalade meurtrière des frappes américaines sous l’ère Trump
La campagne militaire américaine au Yémen, relancée le 15 mars 2025 par Donald Trump, a atteint un nouveau seuil critique avec le bombardement du port pétrolier de Ras Isa, faisant 74 morts selon les Houthis. Cette frappe, la plus meurtrière depuis le début des opérations, cible un site stratégique contrôlé par les rebelles yéménites, accusés par Washington de menacer la navigation en mer Rouge. Les images diffusées par les Houthis montrent des camions-citernes en flammes et des infrastructures réduites en cendres, tandis que les États-Unis justifient l’attaque par la nécessité de « priver les rebelles de revenus illégaux ».
Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a marqué un durcissement sans précédent de la posture militaire américaine. Les frappes, quasi quotidiennes depuis mars, ont causé la mort d’au moins 243 personnes en un mois, contre 57 durant toute la présidence Biden. Le Pentagone a déployé des B-2 Spirit et renforcé son groupe aéronaval en mer Rouge, tandis que les Houthis ripostent par des attaques de drones et de missiles, comme celle visant le porte-avions USS Harry Truman le 17 mars.

L’enjeu dépasse le Yémen. Les Houthis, soutenus par l’Iran, contrôlent le détroit de Bab el-Mandeb, passage clé pour 10 % du commerce maritime mondial. Les attaques rebelles ont contraint 75 % des navires américains à contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, alourdissant les coûts logistiques et perturbant les chaînes d’approvisionnement7. Le département d’État menace désormais de sanctions les pays approvisionnant les Houthis en pétrole, une mesure visant indirectement Téhéran.
Sur le terrain, les civils paient le prix fort. Le bombardement d’une assemblée tribale près d’Hodeïda, présentée par Trump comme une « réunion de terroristes », illustre les dérives d’une stratégie militariste. Le Yemen Data Project révèle qu’il s’agissait d’un rassemblement traditionnel, sans lien avec des opérations militaires1. Les ONG dénoncent une crise humanitaire aggravée, avec 20 millions de Yéménites en insécurité alimentaire, tandis que les raids américains détruisent les dernières infrastructures vitales.
