Venezuela : Nicolás Maduro prêt à décréter l'état d'urgence face aux menaces américaines
Introduction
Le président vénézuélien Nicolás Maduro se prépare à décréter un état d'urgence national en cas d'« agression » des États-Unis, accentuant une escalade des tensions entre Caracas et Washington. Cette posture, annoncée par la vice-présidente Delcy Rodriguez et officialisée par la signature d'un décret, confère au chef d'État des pouvoirs exceptionnels en matière de défense et de sécurité.
Un décret d'exception face à la menace
Le décret signé par Maduro, encore non promulgué mais prêt à être activé, s'appuie sur l'article 336 de la Constitution vénézuélienne, qui autorise l'instauration d'un état d'exception en cas de menace interne ou externe majeure. Cette mesure permet la suspension temporaire de certains droits constitutionnels, pour une durée maximale initiale de 90 jours, renouvelable.
Ce nouveau cadre juridique vise directement l'éventualité d'une opération militaire américaine sur le sol vénézuélien, une hypothèse alimentée par le déploiement des forces navales américaines dans les Caraïbes depuis plusieurs semaines. Selon Maduro, ces déploiements concernent notamment la destruction d'embarquements dits « trafiquantes de drogue », responsables, selon lui, de multiples morts et violations des droits humains.
Une crise diplomatique exacerbée
La relation entre les deux pays reste profondément conflictuelle. Donald Trump affirme utiliser la « puissance militaire » américaine pour démanteler les réseaux de trafic opérant sous la protection préférée de Maduro. Le président vénézuélien rejette ce narratif et accuse Washington d'ingérences injustifiées et de provocations continues. Dans ce contexte, il a même évoqué à l'ONU le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, assimilant son discours à un appel à une « extermination » au Moyen-Orient, démontrant un positionnement politique tendu et un isolement croissant sur la scène internationale.

Impact domestique
À l’intérieur, la situation est marquée par une polarisation extrême. L'état d'urgence signifierait une militarisation accrue et des restrictions sur la liberté d'expression, selon les opposants, tandis que les alliés du régime souscrivent à la défense de la souveraineté nationale et appellent à l'unité contre ce qu'ils qualifient de menace impérialiste. Le pays, déjà fragilisé économiquement et socialement, s'enfonce ainsi davantage dans l'incertitude.
Enjeux géopolitiques
Le jeu diplomatique régional est également tendu, les alliés traditionnels du Venezuela, notamment la Russie et la Chine, exprimant leur soutien à Maduro et dénonçant l'agressivité américaine. L'ONU, quant à elle, reste prudente, tout en appelant au dialogue et à la désescalade. Ce bras de fer entre grandes puissances pourrait embraser la région et générer une crise humanitaire.
Conclusion
Cette annonce place le Venezuela au bord d'une crise majeure, symptomatique des luttes d'influence à l'échelle mondiale entre États-Unis et alliances multipolaires. Nicolás Maduro joue une carte sécuritaire et politique forte, qui pourrait bien modifier profondément le paysage politique et social du pays dans les mois à venir.
