UNESCO 2025 : Le Highlife ghanéen au patrimoine mondial, une victoire pour le soft power africain
Par la Rédaction Culturelle d’OMONDO 24 Accra / Paris, le 20 décembre 2025
La nouvelle est tombée hier soir au siège de l'UNESCO à Paris : le Highlife ghanéen est officiellement inscrit sur la liste du Patrimoine Culturel Immatériel de l'Humanité. Pour le Ghana, et plus largement pour l'Afrique de l'Ouest, cette reconnaissance n'est pas seulement une célébration artistique, c'est un acte de diplomatie culturelle majeur. En 2025, la musique est devenue l'un des piliers du soft power africain, capable d'influencer les modes de vie et de générer des revenus économiques substantiels à l'échelle globale.
Un genre musical né de la fusion
Le Highlife, né au début du XXe siècle, est le fruit d'un métissage unique entre les rythmes traditionnels Akan, les fanfares militaires coloniales et les influences jazz ramenées par les marins. C'est la musique de l'indépendance, celle qui accompagnait les discours de Kwame Nkrumah dans les années 1950. En l'inscrivant au patrimoine mondial, l'UNESCO reconnaît le rôle historique de ce genre dans la construction de l'identité panafricaine.
Cette distinction arrive au moment où les industries créatives africaines explosent. Des villes comme Accra et Lagos sont devenues les nouveaux centres de gravité de la culture mondiale. Pour les dirigeants africains, la culture est désormais perçue comme un « pétrole inépuisable ». Le Highlife a pavé la voie à l'Afrobeats contemporain, qui domine aujourd'hui les charts de Londres à Tokyo.
L'économie créative : un enjeu de développement
L'inscription à l'UNESCO s'accompagne de financements pour la préservation des archives et la formation des jeunes musiciens. Pour le gouvernement ghanéen, l'objectif est clair : transformer cet héritage en un produit touristique de luxe. Des festivals de Highlife sont prévus pour 2026, visant à attirer la diaspora africaine et les mélomanes du monde entier.
OMONDO 24 souligne que cette victoire culturelle est le résultat d'une stratégie de long terme. L'Afrique ne veut plus être simplement une terre de traditions folkloriques, mais un exportateur de standards esthétiques modernes. En 2025, la souveraineté d'un continent se joue aussi sur Spotify et dans les salles de concert prestigieuses. Le Highlife est le symbole d'une Afrique fière de ses racines et résolument tournée vers le futur.
