TENSIONS MER DE CHINE : L'USS Nimitz face au Blocus Pékinois aux Spratly
La Mer de Chine Méridionale, zone névralgique du commerce international, est au bord de l'embrasement. Le récent incident impliquant le destroyer de l'US Navy, l'USS Nimitz, et plusieurs navires de guerre chinois près des îles Spratly, a propulsé les tensions géopolitiques à leur plus haut niveau depuis des années. Pékin intensifie son "blocus pékinois" de facto, menaçant directement la liberté de navigation et le fragile équilibre économique mondial.
Le Face-à-Face près du Récif de Mischief
L'incident a eu lieu la semaine dernière : alors que l'USS Nimitz effectuait une mission de "liberté de navigation" (FONOPs), il a été intercepté à moins de 200 mètres par un destroyer de la marine de l'Armée populaire de libération (APL) chinoise près du récif de Mischief, une des sept îles artificielles construites par Pékin dans les Spratly. Le ministère chinois des Affaires étrangères a qualifié l'opération américaine de "provocation dangereuse", réitérant sa souveraineté sur la quasi-totalité de la mer de Chine Méridionale, basée sur la contestée "Ligne des neuf traits".
Le Verrouillage des Routes Maritimes
Ce face-à-face est symptomatique d'une stratégie chinoise délibérée visant à verrouiller l'accès aux îles Spratly et à affirmer son contrôle territorial. L'APL utilise une milice maritime non officielle – des navires de pêche lourdement subventionnés – agissant de concert avec ses garde-côtes pour harceler et intimider les navires des pays voisins, notamment les Philippines et le Vietnam. Récemment, un chalutier philippin a été éperonné, coupant net les lignes d'approvisionnement des postes avancés manillais.

L'enjeu n'est pas seulement territorial. Plus de 30% du commerce maritime mondial transite par ces eaux, soit un flux annuel estimé à 5 300 milliards de dollars de marchandises. Une escalade, même accidentelle, pourrait paralyser les chaînes d'approvisionnement mondiales en produits électroniques, pétrole et gaz, impactant directement les bourses de New York et de Tokyo.
L'Alliance AUKUS sous Tension
La réponse américaine, menée sous l'égide de la stratégie du "pivot vers l'Asie", est ferme mais mesurée. Washington ne reconnaît pas les revendications chinoises et s'appuie sur ses alliés régionaux (Japon, Corée du Sud, Australie). Le pacte de sécurité AUKUS (Australie, Royaume-Uni, États-Unis) vise explicitement à contrer l'expansionnisme chinois, notamment par le déploiement de sous-marins à propulsion nucléaire en Océanie.
Pour l'heure, la diplomatie militaire est privilégiée, mais le risque d'un accident naval est réel. La communauté internationale observe avec inquiétude l'augmentation des activités militaires dans ce carrefour stratégique, craignant qu'une étincelle aux Spratly ne mette le feu aux poudres.
