Sommet de l'UA 2026 : Vers une monnaie unique ? Les 5 obstacles techniques entre la CEDEAO et la ZLECAF
L'ambition monétaire africaine à l'épreuve des faits
L’idée d’une monnaie unique africaine n'est plus un simple rêve panafricain porté par les pères de l'indépendance ; c'est devenu une nécessité économique pour booster la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF). Cependant, alors que le Sommet de l'Union Africaine (UA) approche, le projet de l'Eco au sein de la CEDEAO sert de laboratoire – et parfois de mise en garde – pour le reste du continent.
1. La divergence des politiques monétaires
Le premier obstacle est la disparité des économies. Entre des géants pétroliers comme le Nigeria et des économies diversifiées comme la Côte d'Ivoire, l'harmonisation des taux d'intérêt et des niveaux d'inflation semble herculéenne. Une monnaie unique exige une discipline budgétaire que tous les États membres ne sont pas encore prêts à adopter.
2. La souveraineté nationale contre l'intégration régionale
L'abandon d'une monnaie nationale signifie la perte d'un levier de dévaluation pour ajuster la compétitivité. Pour de nombreux chefs d'État, déléguer ce pouvoir à une Banque Centrale Africaine commune reste une pilule difficile à avaler, surtout en période de crise économique mondiale.
3. L'infrastructure de paiement transfrontalier
Avant de changer les billets de banque, il faut harmoniser les systèmes de paiement. La ZLECAF travaille sur le PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System), qui permet déjà de régler des transactions en monnaies locales. Si ce système réussit, le besoin d'une monnaie physique unique pourrait devenir secondaire face à une monnaie numérique commune.

4. Les critères de convergence : Le défi des 3%
Les critères de convergence (déficit public inférieur à 3%, inflation à un chiffre) ne sont respectés que par une minorité de pays. Sans un fonds de solidarité robuste pour aider les économies les plus fragiles, la monnaie unique risquerait de s'effondrer dès sa naissance.
5. L'influence des devises étrangères
Le rôle du Franc CFA, arrimé à l'Euro, et la dollarisation de certaines économies est-africaines créent des zones d'influence qui freinent l'émergence d'un bloc monétaire autonome. Le sommet de 2026 devra trancher : intégration par étapes ou "Big Bang" monétaire ?
